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La politique sociale au service de la culture d’entreprise et de son attractivité employeur
Avis d'expert Auvergne Rhône-Alpes # Gestion

La politique sociale au service de la culture d’entreprise et de son attractivité employeur

Les entreprises ont de moins en moins de marge de manœuvre budgétaire pour négocier des augmentations salariales collectives. Elles privilégient les augmentations individuelles et valorisent des packages sociaux qui intègrent temps de travail, protection sociale et qualité de vie.

Christian BELVAL, Directeur général chez APRIL Entreprise — Photo : DR

Les premières données issues des négociations annuelles obligatoires (NAO) 2026 dans les entreprises privées de plus de 50 salariés, et qui portent notamment sur la politique salariale, confirment un tournant profond dans les pratiques de négociation collective.

Selon une étude Flash du Centre Études & Data du Groupe Alpha, jamais les budgets d’augmentations salariales n’avaient été aussi contraints. Ainsi, 53 % des entreprises n’accorderaient aucune augmentation pérenne en 2026, contre 48 % en 2025 et seulement 23 % en 2024. Pour celles qui maintiennent une enveloppe, le budget moyen des augmentations accordées plafonne à 1,7 %, dans un contexte d’inflation désormais maîtrisée, mais avec de fortes incertitudes économiques et sociales.

Priorité aux augmentations individuelles

Autre signal fort : la fin progressive des augmentations générales décidées dans les NAO. Elles reculent encore pour s’établir dorénavant autour de 1,4 %, tandis que les augmentations individuelles deviennent majoritaires (1,6 %) et ce pour la première fois depuis trois ans. La reconnaissance professionnelle passe bien à présent par la différenciation, ciblée sur la performance, les compétences clés et les postes critiques.

La révolution du package social

Reste que la vraie évolution est ailleurs. Face au recul des leviers salariaux traditionnels, les NAO changent de terrain pour s’intéresser à un "package social" qui s’impose comme un levier central de négociation, de fidélisation et d’attractivité.

Dès lors les accords négociés intègrent de plus en plus :

• Le temps de travail, présent dans 24 % des accords (contre 12 % l’an dernier),

• La protection sociale, avec une montée en puissance des sujets de santé et prévoyance,

• La qualité de vie et les conditions de travail, via des dispositifs concrets : CESU, soutien psychologique, prévention santé, activité physique, équilibre vie professionnelle / vie personnelle.

La politique sociale, levier stratégique de performance durable

Dans un contexte de tensions budgétaires, l’entreprise se distingue désormais par sa capacité à prendre soin de ses collaborateurs, bien au-delà du seul salaire. La politique sociale devient un marqueur de culture, un outil d’engagement et un véritable avantage compétitif.

Et si 2026 marquait enfin la sortie d’une vision strictement "obligatoire" de la protection sociale, pour en faire un levier stratégique de performance durable, au service à la fois des salariés et de l’entreprise ?

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