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L’emploi des cadres progresse en Bretagne en 2025, à contre-courant de la tendance nationale
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L’emploi des cadres progresse en Bretagne en 2025, à contre-courant de la tendance nationale

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La Bretagne fait figure d’exception dans le recrutement des cadres en 2025. La région affiche une hausse de 5 % des embauches, frôlant les 10 000 nouveaux cadres recrutés, alors que le marché français recule de 3 %. Pour 2026, les perspectives sont de nouveau à la hausse, estimées à + 2 %.

Olivier Maurin, délégué général de l’Apec Bretagne et Vincent Bourdin, responsable du centre Apec de Rennes — Photo : Virginie Monvoisin

Alors que le marché français de l’emploi cadre poursuit son repli, la Bretagne fait figure d’exception. En 2025, les entreprises de la région ont recruté près de 9 990 cadres, soit une hausse de 5 % sur un an, là où la tendance nationale reste orientée à la baisse, avec -3 %, après une année 2024 qui avait déjà enregistré une chute de -8 %. "Cela représente donc en 2025 un écart de 8 points avec le niveau national", souligne Vincent Bourdin, responsable du centre Apec de Rennes.

Seules la Nouvelle-Aquitaine (+ 7 %) et l’Occitanie (+ 5 %) suivent le même chemin que la Bretagne. Les régions voisines de la Normandie et des Pays de la Loire, elles, sont en repli, avec respectivement -7 % et -1 %. "Sur deux ans, depuis le début de cette nouvelle crise, la Bretagne est la région qui résiste le mieux, avec un recul de seulement -3 %, contre -20 % en Normandie par exemple", poursuit Vincent Bourdin.

Un marché porté par "l’ingénierie R & D et les équipements électriques et électroniques"

Le marché de l’emploi cadre en Bretagne est donc à contre-courant de la tendance nationale. Dans un contexte marqué par une croissance faible (0,8 %) et un climat des affaires dégradé sur une grande partie de l’année, la performance bretonne apparaît d’autant plus singulière. "Le marché de l’emploi cadre est porté notamment par l’ingénierie R & D et l’industrie des équipements électriques et électroniques, qui gagnent du terrain, avec 15 % des embauches", appuie Olivier Maurin, délégué régional de l’Apec Bretagne.

L’informatique tombe à la 4e place des métiers qui embauchent

Cette dynamique s’accompagne toutefois de transformations sectorielles. Comme au niveau national, les services à forte valeur ajoutée reculent, en particulier l’informatique. En Bretagne, où l’informatique fait partie des secteurs de poids, ces métiers ne représentent plus que 14 % des recrutements de cadres, contre 16 % un an plus tôt.

À l’inverse, d’autres fonctions progressent. Les métiers de l’exploitation tertiaire (santé, action sociale, immobilier, transport) prennent la tête, avec 21 % des recrutements, suivis du commercial et marketing. L’industrie, autre pilier régional, marque en revanche le pas, sa part reculant à 8 % des embauches.

Au total, ce sont 2 910 postes nets de cadres qui ont été créés en Bretagne en 2025, tous secteurs confondus. Un niveau légèrement inférieur à 2024 (3 230), mais jugé plus représentatif "après une année marquée par des effets de reclassement de certains profils dans la convention collective de la métallurgie", explique Olivier Maurin.

"La hausse devrait se poursuivre cette année, permettant de retrouver le niveau record de 2023"

Le marché reste porté par des dynamiques structurelles. La promotion interne demeure élevée, avec 2 700 salariés devenus cadres dans leur entreprise (venant s'ajouter aux 9 990 cadres recrutés). Parallèlement, les départs à la retraite accélèrent (+ 23 %), posant la question du renouvellement des compétences.

Une croissance attendue mais prudente en 2026

Pour 2026, les perspectives restent positives, sans être euphoriques. "La hausse devrait se poursuivre cette année, permettant de retrouver le niveau record de 2023, estime Olivier Maurin. Les entreprises bretonnes prévoient une nouvelle hausse des recrutements de cadres de + 2 %, ce qui permettrait de franchir de nouveau le seuil des 10 000 embauches (autour de 10 200)."

Cette progression s’inscrit dans un mouvement national légèrement plus dynamique (+ 4 %), porté par le redémarrage attendu des services à forte valeur ajoutée et de l’industrie. "Mais les incertitudes notamment géopolitiques, freine les décisions des entreprises", souligne avec prudence Olivier Maurin.

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