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L’emploi des cadres se stabilise malgré la pression économique persistante dans le Grand Est
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L’emploi des cadres se stabilise malgré la pression économique persistante dans le Grand Est

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Après deux années de recul, le marché de l’emploi cadre marque un point d’arrêt dans le Grand Est. Avec 13 330 recrutements en 2025 (-1 %), la région amortit mieux le ralentissement national. Une stabilisation est attendue en 2026, dans un environnement toujours incertain révèle l'Apec Grand Est.

Florence Heitz, déléguée régionale de l’Apec Grand-Est — Photo : Fabrice Voné

Le marché de l’emploi cadre poursuit sa phase d’ajustement dans le Grand Est. En 2025, 13 330 recrutements ont été enregistrés, soit une baisse limitée à 1 % sur un an, moins marquée qu’au niveau national (-3 %).

"En 2025, le marché de l’emploi cadre dans le Grand Est recule légèrement avec 13 330 recrutements (-1 %), une baisse moins marquée qu’au niveau national", souligne Florence Heitz, déléguée régionale de l’Apec Grand Est.

Ce repli s’inscrit dans une dynamique déjà engagée en 2024. La décrue se confirme, mais sans rupture brutale. Dans le même temps, la création nette d’emplois cadres ralentit, passant de 2 780 postes en 2024 à 2 600 en 2025.

Une économie qui freine les décisions d’embauche

Derrière cette stabilisation relative, les déterminants macroéconomiques pèsent lourd. Croissance ralentie, tensions internationales et incertitudes politiques freinent les investissements et, par ricochet, les recrutements.

Les indicateurs régionaux traduisent ce climat : l’emploi salarié recule en 2025 (-1,1 % au troisième trimestre), confirmant un essoufflement progressif de l’activité.

Dans ce contexte, les entreprises ajustent leurs besoins. Les embauches progressent encore dans l’énergie et les activités informatiques, mais reculent dans l’ingénierie R & D, la chimie ou l’agroalimentaire.

2026 : une stabilisation sous conditions

Pour 2026, l’Apec anticipe un marché quasi stable dans la région, avec 13 340 recrutements attendus. "Une stabilisation est attendue en 2026, avec des évolutions contrastées selon les secteurs, dans un contexte géopolitique incertain", précise Florence Heitz.

À l’échelle nationale, la tendance serait légèrement plus favorable, avec une hausse de 4 % des recrutements. Mais là encore, la prudence domine. "Cette reprise reste à ce stade fragile et dépendante de l’évolution du contexte économique et géopolitique", complète Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec.

Un marché plus sélectif, tiré par certains métiers

Si le volume global plafonne, les besoins ne disparaissent pas. Ils se concentrent sur des fonctions ciblées : informatique, conduite de travaux, fonctions commerciales ou financières.

Le modèle régional, fortement structuré autour des PME, qui concentrent 55 % des cadres, accentue cette sélectivité. Les recrutements deviennent plus prudents, plus stratégiques, souvent conditionnés à la visibilité économique.

Dans ce paysage, le marché de l’emploi cadre du Grand Est entre dans une phase de plateau. Après le rebond post-crise sanitaire et le retournement amorcé en 2024, il s’installe dans un régime plus contraint, où la question n’est plus tant celle du volume que celle de l’adéquation des compétences.

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