Efinor Sea Cleaner (4,5 M€ de CA en 2024, entre 25 et 35 salariés) continue d’innover. Le constructeur de bateaux de dépollution en aluminium basé à Paimpol (Côtes-d’Armor) travaille à la conception d’un drone marin destiné à l’entretien et à la dépollution de sites comme les champs pétroliers ou les sites d’éoliennes en mer.
C’est d’ailleurs à la suite d’un appel à manifestation d’intérêt d’Ailes Marines, le gestionnaire du parc éolien de la Baie de Saint-Brieuc, que la PME s’est lancée. "Nous l’avons remporté et obtenu 100 000 euros pour la création d’un engin de collecte autonome des déchets majoritairement solides, mais aussi liquides. Cette somme représente un tiers de notre projet de développement de l’appareil", raconte Benjamin Lerondeau, directeur du site.
Résister aux courants du large
Ce drone mesurera 5 mètres sur 2 mètres, une taille lui permettant de naviguer au large mais également d’être manipulé facilement. Il sera muni de moteurs électriques puissants, pour tenir compte de la force importante des courants sur le parc éolien briochin, avec une autonomie de 8 heures. "Nous avons plusieurs marches à franchir, en partant d’un appareil téléopérable à vue, puis à distance pour enfin arriver à un fonctionnement en autonomie complète, avec une recharge autonome, comme un robot aspirateur", explique le dirigeant.
Trois partenaires, dont un Breton, ont été sélectionnés pour s’occuper de l’automatisme, de la téléopération et du transfert d’informations. Les premiers essais du drone pourraient avoir lieu à l’été 2025, avec une téléopération à distance dans un premier temps. Le modèle économique sera la vente de l’appareil ou sa location. Efinor se changera alors de son exploitation.
Le plus gros contrat de l’histoire de l’entreprise
L’innovation porte véritablement l’entreprise, qui dispose d’un bureau d’études de sept personnes. Son chiffre d’affaires, passé de 3,5 à 4,5 millions d’euros de 2023 à 2024 a ainsi été boosté par la plus grosse commande réalisée par Efinor Sea Cleaner dans son histoire : la vente d’un navire de dépollution de 25 mètres, destiné à Chypre. En cours de réalisation, il sera livré début 2025. La PME costarmoricaine a réalisé les études de ce modèle, s’est occupée des relations client et fabrique les pièces du système de dépollution. Une autre filiale du groupe Efinor (42 M€ de CA, 450 collaborateurs), basé à Cherbourg, s’occupe de la fabrication de la coque et du montage final.
Un bateau de ramassage des algues vertes
Bien que le site costarmoricain produise lui-même des bateaux (il en a livré neuf en 2024), sa vocation d’études et ingénierie est affirmée. "En 2019, nous avons sorti notre prototype de bateau de dépollution électrique. Nous n’avions pas de client au début des études. Nous en avons déjà vendu trois exemplaires, dont le dernier cette année, de 10 mètres, destiné au Grand Port Maritime de Marseille", se réjouit Benjamin Lerondeau. En 2022 et 2023, la PME a également développé un bateau pour récupérer les algues vertes. Le résultat est un prototype grandeur nature en cours de test.
Des recrutements à venir
Un peu à l’étroit dans son bâtiment de 800 m², Efinor Sea Cleaner a installé des structures démontables de 100 m² avant, peut-être de s’agrandir.
De quoi accueillir des effectifs supplémentaires : l’entreprise recherche plusieurs soudeurs aluminium et électriciens navals, et un magasinier. Des métiers spécifiques auxquels la PME forme, dès lors que le candidat présente une base technique solide.