Loin d’être confidentielle, l’épargne salariale s’adresse aujourd’hui à plus de 11 millions de salariés et contribue fortement au développement de notre outil productif comme à la vivacité des structures d’innovation sociale sur tout le territoire. C’est le résultat d’avancées réglementaires et du dialogue entre les partenaires sociaux qui font que le partage de valeur est devenu une aventure collective pour nombre d’entreprises.
L’épargne salariale, un acte de solidarité
Avantageuse pour toutes les parties prenantes de l’entreprise, cette épargne, pour partie défiscalisée, est devenue depuis 25 ans une source majeure de financement des associations et des entreprises à fort impact social et écologique. Concrètement, l’épargne salariale soutient des structures telles que le réseau Envie, qui emploie des milliers de personnes dans des activités de réemploi, tout en finançant des projets d’insertion pour les personnes éloignées du marché du travail. Elle permet aussi à des acteurs comme les entreprises d’insertion ou des associations spécialisées dans la prise en charge des personnes âgées ou de la petite enfance, de renforcer leurs actions sur le terrain, créant ainsi un impact direct dans les territoires. Chaque euro investi devient un acte solidaire.
Car, tout plan d’épargne salariale proposé dans les entreprises de plus 50 salariés intègre un versement obligatoire de 10 % vers des fonds solidaires. La France, avec son modèle unique d’épargne salariale que de nombreux pays européens nous envient, est à l’avant-garde en matière de partage de la valeur. Cette innovation se traduit par la présence d’au moins un fonds commun de placement d’entreprise solidaire pour les salariés, dans le cadre de leur Plan d’épargne retraite collectif (PERCOL) et de leurs Plans d’épargne d’entreprise (PEE).
Faciliter l’accès aux TPE et PME
Alors que 17 millions de salariés ne bénéficient toujours pas de cette épargne professionnelle, comment rendre universel l’accès à toutes les TPE-PME et à toutes les structures atypiques (associations, fondations, etc.) qui ne bénéficient pas d’une fonction RH développée ? Comment associer salariés et employeurs au devenir de leur entreprise et leur faciliter la mise en place de solutions pragmatiques de partage de la valeur ?
Un plan par défaut géré par le régime de retraite
La réponse peut être portée une nouvelle fois par les partenaires sociaux et potentiellement par l’Agirc-Arrco, le régime de retraite complémentaire obligatoire des salariés du secteur privé. Un plan par défaut s’adressant aux 28 millions de salariés pourrait être géré par le régime de retraite. Tout en mutualisant les coûts de gestion, cette solution d’épargne salariale prendrait un caractère universel et n’empêcherait nullement les entreprises qui le souhaitent de développer leur propre plan.
Les TPE et PME ne sont pas condamnées à rester à l’écart. Grâce à un plan d’épargne salarial simplifié, elles pourraient offrir à leurs salariés les mêmes avantages que les grandes entreprises, sans la lourdeur administrative souvent associée. Il suffirait à l’employeur de décider d’un abondement du plan, une mécanique de versement simplifiée par rapport à la cascade des accords qui demandent pour réussir une fonction RH développée.
Par cette proposition, tout salarié pourra non seulement se constituer une épargne de précaution mais contribuer à la robustesse du tissu productif et de la société en finançant le devenir des structures ayant un fort impact social et écologique. Avec cette épargne salariale universelle, le partage de la valeur deviendra vraiment un projet collectif, associant les salariés des grands groupes comme ceux des autres structures économiques autour d’un projet de société solidaire. Et pour ce faire, le meilleur moyen reste de se mettre autour d’une table.