Énergies renouvelables : une mission gouvernementale pour optimiser les coûts inquiète la filière
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Énergies renouvelables : une mission gouvernementale pour optimiser les coûts inquiète la filière

Le Premier ministre a annoncé le lancement d’une mission sur le soutien public aux énergies renouvelables visant le solaire et l’éolien. En réponse, les filières appellent à élargir le sujet et à ne pas oublier la compétitivité du secteur. Les entreprises quant à elles sont pénalisées par un contexte d’instabilité.

L’éolien et le solaire sont les deux sources d’énergies renouvelables concernées par la nouvelle mission initiée par le gouvernement afin "d'optimiser les soutiens publics aux énergies renouvelables" — Photo : Sorégies

"Optimiser les soutiens publics aux énergies renouvelables" : l’objectif d’une mission récemment lancée par le gouvernement a rapidement fait réagir les filières des EnR qui appellent à élargir le sujet et à prendre en compte leur compétitivité. Confiée à Jean-Bernard Lévy, président du Conseil français de l’énergie et ancien PDG d’EDF, ainsi qu’à Thierry Tuot, conseiller d’État et ancien directeur général de la Commission de régulation de l’énergie, cette mission concerne uniquement le solaire et l’éolien.

Rendre "plus efficace" le soutien aux filières

Elle est lancée alors que ces deux filières "bénéficient depuis plusieurs années de dispositifs de soutien financés par le budget de l’État", selon le communiqué de Matignon. "Dans un contexte budgétaire exigeant et face à la maturité croissante des filières, la mission aura pour objectif de proposer un modèle de soutien plus efficace, plus soutenable et mieux partagé entre acteurs publics et privés", précise le texte. Les conclusions de la mission sont attendues pour mars 2026.

La filière affirme sa compétitivité

Pour Jules Nyssen, président du syndicat des énergies renouvelables, la question sur les coûts est biaisée. "Nous n’avons rien à cacher en termes de compétitivité et de coût. On confond le coût historique des EnR depuis 2006 au coût du soutien aujourd’hui", commente-t-il. "Nous ne sommes pas une charge pour le budget de l’État mais une filière compétitive", martèle le président du syndicat des EnR.

"Durant la crise 2022-2023, les producteurs (de solaire et d’éolien, NDLR) ont reversé 6,1 milliards à l’État, finançant plus de la moitié du bouclier tarifaire", a écrit Jérémie Almosni, délégué général de France renouvelable, un autre représentant de la filière, sur Linkedin.

Jérémie Almosni appelle à interroger d’autres coûts comme celui de l’importation des combustibles fossiles qui s’élevait à 68 milliards d’euros en 2024 selon lui, ou encore à questionner "l’impact budgétaire complet des investissements liés au programme EPR2". Selon un chiffrage d’EDF datant de 2023, ces réacteurs nucléaires de nouvelle génération ont un coût de construction de 67,4 milliards d’euros. Le délégué général insiste aussi sur la prise en compte de la stagnation de la consommation électrique.

"Nous avons conscience que la France est dans un contexte particulier sur le plan budgétaire et nous sommes satisfaits que le sujet soit adressé mais il faut une vision d’ensemble", résume Jérémy Almosni.

Une instabilité pénalisante pour les entreprises

"Les entreprises sont fébriles, à cause de l’instabilité et de l’absence de visibilité", rapporte Jules Nyssen. "Elles ne vont pas très bien", abonde Jérémie Almosni. "La crise de 2022 a poussé l’État à développer les énergies renouvelables mais aujourd’hui le discours gouvernemental vient ébranler cette dynamique", ajoute-t-il. En témoigne l’alerte lancée récemment par les industriels de l’éolien offshore qui craignent de voir leur filière disparaître.

Cette mission est lancée alors que les acteurs du secteur sont toujours dans l’attente de la nouvelle version de la programmation pluriannuelle de l’énergie. Ce document qui trace la trajectoire énergétique de la France jusqu’en 2035 est pourtant bien "au sommet de la pile" sur le bureau de Sébastien Lecornu, assurait récemment le ministre de l’Économie et des finances Roland Lescure.

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