L’éolien offshore représente 8 300 emplois aujourd’hui en France. Parmi eux, 2 500 sont situés en Pays de la Loire, première région du secteur devant la Normandie. "La filière dans son ensemble devrait atteindre 20 000 emplois d’ici à 2035, lance Matthieu Blandin, directeur de la stratégie pour l’éolien offshore chez Valemo et Akrocean. La France représente à elle seule environ 15 % des ambitions européennes de production d’électricité à partir de l’éolien offshore." Les perspectives et la volonté politique semblent donc aujourd’hui présentes pour faire émerger une filière dans ce domaine des énergies marines renouvelables (EMR). D’ailleurs, d’ici à 2050, la France vise une capacité installée de 45 gigawatts, soit 20 % de la consommation électrique nationale actuelle. "Cela représente un effort considérable en termes de planification, de construction et de mise en service de nouveaux parcs éoliens en mer", ajoute Matthieu Blandin.
Des critères différenciants pour soutenir la filière locale
Le gouvernement a publié les cartes des zones d’implantation des futurs parcs éoliens en mer. Une bonne nouvelle pour la filière… même si les Pays de la Loire ne sont pas représentés sur les nouvelles cartes d’implantation. "Il y a eu au printemps dernier un fort lobbying des élus vendéens et des pêcheurs. Cela sera sûrement au détriment d’une énergie plus compétitive en termes de prix pour les consommateurs, et d’un moindre recours à la sous-traitance locale possible", regrette Matthieu Blandin. De plus, la filière régionale a également été touchée par les annonces de GE Vernova, la branche énergétique du géant General Electric, qui va réduire son activité éolienne offshore, supprimant de fait 360 emplois sur les sites de Loire-Atlantique. "Ces derniers mois, les sous-traitants ont perdu 70 à 100 % de leurs activités", pointe Neopolia dans un communiqué. Le réseau, qui possède un cluster dédié aux énergies marines renouvelables, en profite pour alerter sur les critères figurant dans le cahier des charges des futurs parcs éoliens. "Il est essentiel que les critères différenciants sur l’environnement et le recours à la sous-traitance nationale et européenne soient véritablement pris en compte, et pas uniquement le critère tarifaire", note Neopolia. Un changement qui s’avère indispensable pour la filière locale, afin de se protéger entre autres de la concurrence asiatique.