La Ciotat
Fluiidd veut devenir la sentinelle des canalisations industrielles
La Ciotat # Industrie # Innovation

Fluiidd veut devenir la sentinelle des canalisations industrielles

S'abonner

Spin-off du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), la jeune entreprise Fluiidd basée à La Ciotat développe et commercialise une sorte de scanner capable de détecter et d’anticiper des anomalies invisibles dans les tuyauteries. Elle a été élue, en juin dernier, "Most Promising Startup" à VivaTech, le réputé salon mondial de l’innovation technologique.

Les cofondateurs de Fluiidd, Mathieu Darnajou et Philippe Guenebaud — Photo : DR

Dépôts de calcaire, biofilm, bourrages, colmatages, cavitation, et autres bulles d’air dans les canalisations ont peut-être leur ennemi ultime. La start-up Fluiidd, créée en 2023 à La Ciotat, espère bien bousculer l’ordre établi avec une technologie qui lui permet de proposer de la maintenance prédictive pour les stratégiques canalisations du secteur industriel.

"Innovation de rupture"

Concrètement, un scanner intelligent, capable d'analyser 30 000 images par seconde selon le cofondateur et directeur général Philippe Guenebaud, scrute les fluides qui passent dans les tuyaux, que ce soit de l’eau, du lait ou du vin par exemple… Ses capteurs permettent de détecter tout problème avant que ceux-ci n’arrivent au niveau des pompes et donc par exemple d’éviter les coûteux arrêts d’exploitation. Mieux, le système sera aussi capable de faire réaliser des économies d’énergie aux entreprises et de lutter contre le gaspillage (et la pollution environnementale) de leurs pompes en optimisant leur fonctionnement et en limitant par conséquent le renouvellement de ces machines. C’est d’ailleurs la raison d’être de cette structure, devenue société à mission en 2023. "Nous proposons une innovation de rupture au niveau mondial qui est une centaine de fois supérieure à ce qui existe sur le marché, promet le dirigeant, avec une grosse puissance de calcul soutenue par de l’IA embarquée directement dans la carte, ce qui évite d’avoir besoin d’un cloud."

Levée de fonds et vente en volumes

Tout a démarré il y a douze ans au sein du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives dans le cadre d’un programme de R & D "à la suite de l’accident nucléaire à Fukushima au Japon". Après sa thèse en 2020, Mathieu Darnajou a lancé le projet de start-up via le programme d’essaimage Magellan du CEA. Au fil des années, des avancées significatives sont enregistrées. Philippe Guenebaud, dirigeant d’entreprises dans l’internet des objets rejoint l’aventure qui se concrétise par le lancement de l’entreprise en 2023. La même année, Fluiidd obtient le prix i-lab décerné par le gouvernement français via le plan France 2030. Aujourd’hui, cette structure qui vise les 400 000 euros de chiffre d’affaires en 2025 (après 100 000 euros lors de l’exercice précédent) est en ordre de marche pour "vendre en volumes", dit son cofondateur. Une levée de fonds en cours de bouclage dans l’été, d’1,2 millions d’euros, devrait solidifier les fondations afin "d’accompagner l’industrialisation et le développement commercial".

À l’assaut de tous les fluides

L’avenir de Fluiidd, soutenue par le CEA, Bpifrance et la Région Sud notamment, apparaît prometteur sur le papier tant le potentiel marché est énorme. Les effectifs devraient grandir assez vite. "Nous étions 5, nous recrutons trois alternants et prévoyons d’être une douzaine à la fin 2025 et une vingtaine dans un an", détaille Philippe Guenebaud. Une première commande en Amérique du Nord dans le secteur de la pasteurisation du lait a été remportée. "Le hardware est validé, nous travaillons sur des partenariats pour alimenter l’IA", en montant des collaborations sur des cas d’usage spécifique comme avec Orano, dans l’extraction minière, Naval Group et même la filière viticole. Si cette technologie brevetée fonctionnement actuellement le mieux sur des fluides tels que l’eau douce et salée, le lait ou le vin et même des fluides acides, la start-up des Bouches-du-Rhône souhaite s’attaquer, dès 2026, à d’autres variantes : l’huile, le pétrole et le gaz liquide. Histoire, à terme, d’avoir l’œil high tech sur toutes les canalisations.

La Ciotat # Industrie # Innovation