Pour discuter du devenir des océans, la Côte d’Azur devient le point de rassemblement des gouvernements, organisations intergouvernementales ou non gouvernementales, communautés scientifiques, institutions philanthropiques, financières, universitaires ou des Nations Unies… Elle va accueillir à Nice, le "One Ocean Science Congress" du 4 au 6 juin, le "Blue Economy and Finance Forum" les 7 et 8 juin à Monaco, la Conférence "Coalition Ocean Rise & Costal Resilience" à Nice le 7 juin. Et, enfin, du 9 au 13 juin, la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, 3e édition, sur la thématique : "Accélérer l’action et mobiliser tous les acteurs pour conserver et utiliser durablement l’océan".
Leurs participants vont réfléchir et discuter, entre autres, sur la base de données recueillies à 814 km de la Terre par les satellites de la mission Sentinel dans laquelle la French Riviera est impliquée à titre industriel avec Thales Alenia Space à Cannes. Le groupe (8 100 salariés, 2,23 milliards de CA 2024) prépare des satellites dans ses salles d'assemblage, d'intégration et d'essais. Et contribue à onze des douze missions du programme Copernicus de l’Union Européenne, dédié à l’observation, la protection et la surveillance de l’environnement (sols, mers, lacs, océans, rivières, régions polaires…) à travers une constellation de satellites dont la majeure partie est baptisée Sentinel.
Prédire autant que possible
"C’est un programme essentiel pour comprendre les changements climatiques et leurs conséquences, explique Bertrand Denis, vice-président Observation, Science et Exploration de Thales Alenia Space. Les océans représentent 71 % de la surface du globe terrestre. Ils pourvoient à 50 % de l’oxygène et absorbent 30 % du CO2. Pour agir efficacement, il faut d’abord connaître et mesurer".
Sur la mission Sentinel-3, deux satellites actuellement en orbite seront remplacés en 2026 et 2028 par deux satellites actuellement sur son site (baptisés 3C et 3D).
"Grâce à tous leurs systèmes embarqués à bord, ils effectuent des mesures régulières, sur une longue durée et sur toute la planète, de températures, de la hauteur des glaces, du niveau de l’eau, des pollutions… Les données mises à disposition gratuitement aident à prédire ce que seront les océans à échéance proche et lointaine", poursuit Bertrand Denis.
Des images révélatrices de changements
Par exemple, un changement de la couleur de l’eau peut révéler le dégazage d’un navire de commerce et la pollution engendrée sur les milieux. Le satellite transmet ce qu’il collecte à une plateforme au sol où les autorités concernées pourront rapidement estimer les meilleures décisions à adopter. L’activité sismique sous-marine ne peut pas être détectée, compte tenu de la profondeur, mais ses conséquences oui, si elles provoquent des phénomènes visibles en surface.
"L’Union européenne voulait monitorer le climat afin de documenter les politiques à engager de lutte contre le réchauffement climatique et en évaluer les impacts dans le long terme", précise Bertrand Denis.
Simulations préventives
Dans ses salles d’essais, Thales Alenia Space soumet ses satellites à des températures extrêmes, des vibrations, des radiations, des bruits élevés, pour s’assurer préventivement qu’ils résisteront aux conditions rencontrées dans le ciel. Le satellite 3D franchit ces épreuves en ce moment. Pour Thierry Dumont, responsable Sentinel 3 de Thales Alenia Space, il est "le plus complet" du programme Copernicus, grâce aux instruments d’imagerie de pointe qu’il emportera à son bord.