Pyrénées-Atlantiques
À Bayonne, l’institution judiciaire s’engage auprès des entrepreneurs en souffrance psychologique
Pyrénées-Atlantiques # Réseaux d'accompagnement

À Bayonne, l’institution judiciaire s’engage auprès des entrepreneurs en souffrance psychologique

S'abonner

À Bayonne, le tribunal de commerce et l’association Apesa s’associent pour fournir une prise en charge psychologique à des dirigeants et dirigeantes d’entreprises "en souffrance aiguë". Le 29 avril, l’association a formé une première promotion de 25 "sentinelles" bénévoles pour appuyer la démarche.

De gauche à droite : Régis Darrieumerlou, président d’Apesa Bayonne, André Garreta, président de la CCI, Stéphanie Veyssière, procureure adjointe, Olivier Lacoste, vice-président du tribunal de commerce de Bayonne et Alexia Blanchet, formatrice Apesa France — Photo : Carole Suhas

Liquidation judiciaire, procédure de sauvegarde, redressement : la vie de dirigeant d’entreprise peut connaître des écueils qui entraînent du mal-être, une dépression voire des idées suicidaires. Pour faire face à cette "souffrance aiguë", l’association Apesa — Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë -, qui fournit une aide psychologique aux entrepreneurs depuis 2013, est désormais implantée à Bayonne, auprès du tribunal de commerce.

Le 29 avril, l’association a ainsi formé une première promotion de 25 "sentinelles", dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie Bayonne-Pays basque. Ces bénévoles sont chargées de détecter le mal-être des dirigeants et écarter le risque suicidaire. "Car l’échec n’est pas seulement économique, mais aussi psychologique et intime", relève André Garreta, président de la CCI.

Les sentinelles sont des professionnels en contact réguliers avec des entrepreneurs, à l’instar d’employés des chambres de commerce, d’experts-comptables, de juges consulaires ou de mandataires judiciaires.

Des dirigeants effondrés lors d’audiences au tribunal de commerce

L’initiative a été portée dès 2023 par Stéphanie Veyssière, procureure adjointe au parquet de Bayonne, face au constat de dirigeants "parfois détruits sur le plan financier et en souffrance réelle", "effondrés" lors d’audiences devant le tribunal de commerce.

Des sentinelles pour agir rapidement

En France, Apesa est associée à 92 autres tribunaux de commerce, "lieu où la souffrance s’exprime le plus", relève la magistrate bayonnaise. Selon une enquête Ifop datée de 2020, année marquée par le Covid, 27 % des dirigeants d’entreprise ont eu l’intention réelle de se suicider, soit la catégorie socioprofessionnelle la plus touchée par le phénomène.

Cellule de prise en charge psychologique

"La sentinelle détecte la souffrance, pose les bonnes questions, alerte, met en relation le ou la dirigeante avec une cellule de prise en charge psychologique, qui cale un rendez-vous avec un psychologue local dans les cinq jours", explique Régis Darrieumerlou, président de l’association Apesa.

Depuis 12 ans, Apesa accompagne notamment les dirigeants de petites entreprises, "qui subissent de plein fouet les crises économiques ou sanitaires, les aléas climatiques, etc.". Entre 30 et 40 % des personnes prises en charge sont des auto-entrepreneurs.

Pyrénées-Atlantiques # Réseaux d'accompagnement