Le programme ETIncelles de la Direction Générale des Entreprises (DGE), un accélérateur stratégique pour les fleurons industriels nationaux, commence à porter ses fruits dans le Finistère. Trois pépites industrielles ont en effet intégré l’année dernière ce dispositif d’accompagnement qui s’étale sur dix-huit mois. Objectif : fluidifier les relations avec les services de l’État (douanes, fisc, préfectures) pour ces entreprises dont le développement est parfois entravé par la complexité réglementaire.
Trois pépites industrielles en forte croissance
À Quimper, Polaris, spécialiste des huiles riches en oméga-3 issues de microalgues, affiche une dynamique impressionnante avec 50 % de croissance en 2025. L’entreprise, qui emploie une cinquantaine de salariés, dépasse désormais les 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et réalise 85 % de son activité à l’export. À Landivisiau, AB Process, concepteur et intégrateur de solutions robotisées sur-mesure dirigé par Brian Boulanger, suit une courbe ascendante similaire avec un effectif de 130 personnes et un chiffre d’affaires prévisionnel de 25 millions d’euros, en croissance de 10 %. De son côté Technature, expert en formulation cosmétique basé à Dirinon (près de Brest) dirigé par Pierre Morvan, a clôturé son exercice à 28 millions d’euros avec une croissance de 25 %, porté par un effort massif en R & D qui mobilise 16 % de ses quelque 200 salariés.
L’administration comme partenaire pour lever des freins
"Ce programme permet d’inverser la relation : les services de l’État se mettent à notre disposition pour nous aider sur des problématiques très diverses. Ils nous ont notamment aidés à débloquer un sujet de douanes complexe", témoigne Louis-Marie Martin, directeur des opérations de Polaris à Quimper. De son côté, Brian Boulanger a utilisé ce relais pour débloquer des situations RH critiques. "Nous sommes actuellement freinés dans notre croissance faute de trouver suffisamment de main-d’œuvre sur des métiers en tension. Ce programme nous a notamment donné un accès privilégié à la préfecture pour débloquer des problèmes de visas de salariés étrangers", retrace-t-il. Pour Pierre Morvan, dirigeant de Technature, l’intérêt du programme réside avant tout dans une meilleure lecture de l’administration. "Il ne s’agit absolument pas de passe-droit, mais bien de nous donner les codes de l’administration pour mieux la comprendre et ne pas se prendre de murs", conclut-il.