C’est un immense bâtiment de 5 000 m² qui vient de sortir de terre sur le Biopôle de Saint-Beauzire, dans le Puy-de-Dôme. La société Phytosynthese, spécialisée dans la fabrication d’actifs végétaux pour la nutrition animale, doit y installer son futur siège social ainsi qu’un nouvel outil industriel (4 700 m²).
Ce site, baptisé PhytoPlant 4.0, sera livré d’ici la fin de l’année, avec une mise en service prévue pour le premier trimestre 2026. L’entreprise Phytosynthese, fondée il y a près de 30 ans et rachetée en 2012 par Lehning, a confié le chantier à Bemipharm, spécialiste de la construction de bâtiments industriels pour les acteurs des sciences de la vie, des cosmétiques et de la santé.
15 millions d’euros d’investissement
"Il reste à installer tout l’équipement et notamment les gros mélangeurs de poudres qui vont nous permettre d’améliorer notre productivité et notre compétitivité. Ce site nous permettra de doubler notre production de nutriments à base de plantes", s’est félicité Stéphane Lehning, le PDG des laboratoires mosellans Lehning en visite sur le site vendredi dernier.
Cette nouvelle entité très automatisée doit, en effet, soutenir l’activité de l’usine historique du groupe implantée à quelques kilomètres sur la commune de Mozac et qui fournit 2 500 tonnes de poudres chaque année. Le projet représente un investissement stratégique de près de 15 millions d’euros, financé pour un quart par des fonds propres, le reste par prêts d’établissements bancaires et de Bpifrance. La Région Auvergne-Rhône-Alpes apporte aussi son soutien à hauteur de 267 000 euros, via son pack relocalisation.
Une croissance de 10 % par an
Ce changement d’échelle devrait permettre à Phytosynthese (40 salariés ; 16 M€ de CA) de gagner en rapidité et en agilité dans un marché concurrentiel. "Nous sommes arrivés au maximum de notre capacité. Il nous fallait un nouvel outil pour répondre à la demande croissante, de l’ordre de 10 % par mois depuis un peu plus d’un an", souligne le dirigeant.
Phytosynthese, qui vend des solutions naturelles aux fabricants de nourriture pour animaux d’élevage notamment le bœuf et le poulet, profite du dynamisme du marché. "Nous sentons un intérêt croissant des consommateurs pour la viande "démédicalisée", notamment aux USA, au Canada et au Japon. Et puis, nous nous développons sur de nouveaux marchés très porteurs comme le Brésil ou l’Égypte", détaille Stéphane Lehning qui, grâce à ses alternatives naturelles, entend contribuer à réduire l’usage des antibiotiques dans les élevages.
L’aquaculture, nouveau relais de croissance
Autre relais de croissance sur lequel l’entreprise mise : l’aquaculture. "Cela représente aujourd’hui moins de 5 % de notre chiffre d’affaires, mais les perspectives sont énormes. Nous avons, par exemple, un client qui fait de l’élevage de saumons. Les poissons se blessaient entre eux à cause du stress de la promiscuité. Grâce à notre mélange de plantes, il a réduit de 35 à 40 % les agressions", illustre le chef d’entreprise.
Grâce à ces nouveaux débouchés et à cette nouvelle usine, l’entreprise espère doubler son chiffre d’affaires dans les 10 ans. Et malgré l’instabilité géopolitique actuelle, Stéphane Lehning veut rester confiant : "Nous avons travaillé notre diversification géographique. Nous sommes présents dans 30 pays, cela limite les risques".
Phytosynthese réalise aujourd’hui 75 % de son activité à l’export.