Le Covid et le durcissement des normes réglementaires sont passés par là. Le nouveau site industriel du producteur catalan d’extraits végétaux Phytotagante (10 salariés, CA 2024 : 12 M€), un temps annoncé pour 2022, ne sera finalement inauguré qu’à la mi-novembre 2025. Mais l’usine de 3 500 m2, située comme l’ancienne à Toulouges (Pyrénées-Orientales) près de Perpignan, va bien lui donner le potentiel de développement attendu. "Nous allons doubler notre capacité de production. Un bâtiment plus moderne, avec la hauteur de murs adaptée, devenait une nécessité. Après avoir étendu l’ancien site (de 1 200 m2, NDLR) à plusieurs reprises pendant 20 ans, nous étions arrivés au bout de cette logique", justifie Jamal Chahboun, président de Phytotagante.
Un site fortement sécurisé
L’usine est construite sur un terrain de 14 000 m2, afin de laisser à l’entreprise la place d’installer des dépendances extérieures (chaudières, réservoirs d’azote liquides…), mais aussi les multiples équipements de sécurité imposés par l’administration (murs pare-feu, bassins de rétention, bras aspirants…). "Nous avons notamment aménagé un atelier ATEX", glisse le dirigeant, décrivant un emplacement de travail où une " atmosphère explosive " est susceptible de se former.
Entre le foncier, le bâti, la mise à niveau réglementaire et le renouvellement du parc machines, l’investissement global se monte à 5 millions d’euros, bien au-delà des 3 millions d’euros budgétés par Phytotagante en 2021.
Une gamme de produits high-tech
Munie de ce nouvel outil industriel, Phytotagante ambitionne d’accélérer sa croissance sur son marché où, en tant que fournisseur, elle fabrique des ingrédients (huiles essentielles, hydrolats aromatiques, résinoïdes, extraits spécifiques…) pour le compte de grands acteurs de la parfumerie, de la cosmétique naturelle et de l’aromathérapie. Elle réalise 80 % de son activité à l’international, vers des zones géographiques telles que l’Europe, le Maroc, les États-Unis ou le Mexique.
Toutefois, et dans l’optique de se démarquer sur un marché très concurrentiel, Phytotagante veut profiter de cette nouvelle impulsion industrielle pour développer sa propre gamme, riche de 10 références. "Nous avons intégré de nouvelles capacités de traitement pour fabriquer une gamme de produits innovants, sans allergènes. Ce sera une spécificité de Phytotagante, car peu d’acteurs dans notre secteur développent leurs propres produits. Cette gamme devrait représenter à terme 10 % de notre activité, puis le double", estime Jamal Chahboun.
Des plantes d’ici et d’ailleurs
L’entreprise s’est en effet renforcée en matière de R & D, afin d’appliquer rapidement à ses produits ses idées en matière de chimie verte : utilisation de solvants verts, réduction de l’impact environnemental, etc. Jamal Chahboun évoque aussi son ambition de lever "certains verrous technologiques" pour mieux valoriser les sous-produits, "de sorte à exploiter la totalité d’une plante".
Phytotagante importe ses matières premières du Maroc, de Tunisie ou de Madagascar. Mais dans l’optique de relocaliser son sourcing, elle a créé une société sœur baptisée Olfabio : celle-ci ne travaille qu’avec des producteurs et des GIE des Pyrénées-Orientales (narcisse, mimosa, romarin…). Pour l’heure, Olfabio utilise les modules de production de Phytotagante, mais son dirigeant indique que l’ambition est de construire une usine dédiée "dans les cinq ans".