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De Sangosse veut doubler la surface couverte par ses biosolutions d’ici à 2030
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De Sangosse veut doubler la surface couverte par ses biosolutions d’ici à 2030

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Le groupe phytosanitaire lot-et-garonnais De Sangosse, en pleine croissance, souhaite doubler les surfaces couvertes par ses biosolutions agricoles à horizon 2030. Il va investir 42 millions d’euros en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie pour créer un nouveau centre de R & D mondial et doper ses capacités industrielles, tout en gardant un œil avisé sur son moteur : l’export.

Mathieu Bounes (directeur De Sangosse France), Chrystelle Fontan (directrice communication du groupe) et Nicolas Fillon, PDG, ont présenté le plan stratégique de De Sangosse à 5 ans ce 28 octobre — Photo : DSG

Le groupe phytosanitaire agenais De Sangosse (1 350 salariés, 490 M€ de CA en 2024), spécialisé dans les biosolutions pour l’agriculture, a l’appétit vorace. Bientôt centenaire — en 2026 — et aujourd’hui possédé majoritairement par ses salariés, il a dévoilé ce 28 octobre 2025 son plan stratégique pour les cinq prochaines années. L’ambition est claire : passer de 50 à 100 millions d’hectares couverts par ses biosolutions, autrement dit doubler son chiffre d’affaires.

S’il paraît si confiant, c’est sans doute parce qu’il a quasiment déjà réussi cet exploit. "Il y a cinq ans, nous réalisions 270 millions d’euros de chiffre d’affaires. Notre croissance moyenne est de 12 % par an", assure son PDG, Nicolas Fillon. Cette confiance est peut-être aussi due à l’essor des biosolutions face à une chimie conventionnelle de moins en moins acceptée : "notre part de marché croît en substitution à la chimie conventionnelle", précise ainsi le PDG.

Un nouveau "hub mondial" de R & D en Occitanie

Composé de 18 entités distinctes pour 44 filiales dans le monde, De Sangosse va investir 42 millions d’euros en France : 12 millions seront dédiés à la création, en 2027, d’une nouvelle plateforme au sud de Toulouse (Occitanie), voué à devenir "le hub mondial de toute la R & D dans les biosolutions pour le groupe", révèle encore Nicolas Fillon.

Ce nouveau "centre névralgique" du développement de nouvelles technologies n’a pas vocation à se substituer aux 11 centres de R & D déjà dispersés à travers le monde, chacun ayant sa spécialité, des phéromones aux États-Unis aux micro-organismes à Labège (Occitanie) en passant par les produits anti-limaces à Pont-du-Casse (Lot-et-Garonne).

"Nous avons gardé un centre expert pour chaque spécialité. En revanche, nous croyons au mix des technologies et à l’énorme gisement d’innovation qui demeure dans les combinaisons de substances naturelles", poursuit le dirigeant en décrivant le rôle futur de ce nouveau centre.

Accélérer la démocratisation

Pour De Sangosse, qui a bouclé pas moins de 25 acquisitions ces dix dernières années pour consolider son portefeuille technologique, les croisements de solutions sont la clé pour "diminuer l’utilisation de la chimie conventionnelle, sans la remplacer".

"Nous sommes en train de passer d’une pharmacopée de 450 molécules de chimie conventionnelle à des solutions plus naturelles avec un portefeuille qui va se réduire. Il faut donc combiner nos technologies avec de la génétique, de l’IA/data, de l’agronomie. On ne fera pas ça tout seul mais en impliquant nos clients, les distributeurs, instituts techniques, acteurs de la semence et de la génétique, et même nos concurrents" précise Nicolas Fillon.

L’appel du pied est lancé : massifier le recours aux biosolutions — en particulier celles du groupe — dans le traitement des surfaces agricoles, qu’il s’agisse des produits pour la nutrition des plantes (vie du sol, bio stimulants, bio fertilisants) ou pour leur protection (comme les produits de bio contrôle), deux segments qui représentent à parts égales environ la moitié de l’activité de De Sangosse. "Nous souhaitons passer de 8 à 16 % de part de biosolutions dans les surfaces agricoles couvertes d’ici à 2030 en France", assure encore Nicolas Fillon.

Investissements industriels

Les ambitions du groupe ne se limitent pas à la R & D (même s’il y investit environ 10 % de son chiffre d’affaires annuel). De Sangosse souhaite aussi renforcer ses capacités industrielles, à hauteur de 30 millions d’euros, en particulier sur son site de Pont-du-Casse, spécialiste des produits anti-limaces. Après y avoir investi 15 millions d’euros il y a quatre ans, il va y investir à nouveau 10 millions d’euros pour augmenter "sensiblement" ses capacités de production. Le groupe va également investir 20 millions d’euros pour agrandir son site de Carbonne (Tarn-et-Garonne) qui fabrique des bio stimulants et bio fertilisants et doubler ses capacités de production.

Vocation internationale

Si le démarrage de ces deux projets en France est prévu pour fin 2026, De Sangosse n’en oublie pas pour autant son activité à l’export, qui représente 70 % de son chiffre d’affaires annuel. L’entreprise qui entend bien garder le cap à l’international avec une présence dans plus de 60 pays, a ouvert une filiale en Grèce en début d’année et se développe aussi fortement en Inde. "Pour nous, l’international est vital, ça nous permet de continuer à investir et d’être plus forts sur l’aspect réglementaire", souligne Nicolas Fillon, de retour du Mexique. Signe qui ne trompe pas : De Sangosse se donne 18 mois pour se rebaptiser DSG, un nom qu’il veut symbolique de son ambition… mondialisée.

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