Alpes-Maritimes
RégenEco simplifie la gestion des biodéchets pour les entreprises
Alpes-Maritimes # Services aux entreprises # Transition écologique

RégenEco simplifie la gestion des biodéchets pour les entreprises

S'abonner

La loi a beau l’imposer depuis plus d’un an déjà, la gestion des biodéchets est loin d’être généralisée dans les entreprises. Née fin 2023 à Mouans-Sartoux, RégénEco a des solutions simples et ultra-locales pour traiter le sujet.

Katy Gaubert a créé RégenEco fin 2023 à Mouans-Sartoux pour aider professionnels et collectivités à gérer leurs biodéchets en "ultra-local" — Photo : Olivia Oreggia

Avec RégenEco, Katy Gaubert s’attaque à un sujet majeur : le gaspillage alimentaire. Elle propose aux entreprises et collectivités des solutions de valorisation des biodéchets en "ultra-local".

Une obligation

Les biodéchets ce sont tous les restes alimentaires ou de cuisine, du trognon de pomme au morceau de pain en passant par le sachet de thé ou le marc de café. En la matière, toutes les entreprises sont concernées, le tri à la source étant obligatoire depuis le 1er janvier 2024. "Les professionnels doivent proposer des solutions à leurs salariés, résume Katy Gaubert. Qui ne mange pas une pomme, une banane ou quelque chose dans les bureaux ? Les collaborateurs doivent donc avoir une poubelle spécifique. Et le problème, c’est que personne ou presque n’en a." C’est là qu’intervient donc RégenEco avec deux solutions au choix.

Compostage et éco-digesteur

À commencer par le "classique compostage", avec des bacs. "Je forme les équipes et propose un contrat de suivi adapté aux besoins. Depuis mars 2024, j’accompagne par exemple un restaurant à Sophia Antipolis qui produit dans les 7 tonnes de biodéchets par an. Il fait du compostage et ça marche très bien." Les 7 tonnes deviennent près de 2 tonnes de compost, utilisées dans les espaces verts alentour, de quoi nourrir les sols et limiter son impact écologique. Les clients peuvent même suivre avec précision les quantités traitées, via l’application Track Compost qu’a fait développer Katy Gaubert, avec le soutien de Bpifrance.

RégenEco propose des bacs de compostage pour gérer en local ses biodéchets, comme ici ceux d’un restaurant — Photo : RégenEco

Le bénéfice pour les entreprises est aussi économique. "Si les entreprises font appel à la collecte, cela leur coûte dans les 70 euros le passage. Sachant que le déchet alimentaire, on ne peut pas le laisser trop longtemps dans une poubelle. C’est impensable, en fait, sur une petite entreprise."

Autre solution proposée par RégenEco : la mise en place d’éco-digesteurs. "Ces machines agissent comme notre estomac, avec des bactéries que nous avons naturellement dans le corps.

De différentes tailles selon les besoins, les écodigesteurs permettent de réduire rapidement et facilement les biodéchets en compost — Photo : RégenEco

Celles-ci grignotent les déchets alimentaires et donnent de la matière organique qui ressemble à du compost", explique la chef d’entreprise qui en a installé différents modèles au sein de l’hôtel 4 étoiles le Cantemerle de Vence, au golf de Saint-Donat à Grasse ou dans des entreprises comme BLH, fournisseurs de matières premières aromatiques à Saint-Vallier-de-Thiey.

30 contrats

Elle équipe ainsi de l’une ou l’autre solution, un EHPAD, la PME Argeville, spécialisée dans les compositions parfumées, ou encore un tournage de film,… RégénEco a signé une trentaine de contrats sur sa première année d’existence. Encourageant dans un territoire qui fait figure de mauvais élève en gestion des biodéchets. "Je pense que nous sommes les pires élèves en France, assure Katy Gaubert. Il faut savoir que les biodéchets des Alpes-Maritimes sont transportés par camion jusqu’à Tarascon (dans les Bouches-du-Rhône, NDLR) pour être traités alors que d’autres solutions existent."

Pour Katy Gaubert, la sensibilisation au traitement des déchets est capitale — Photo : RégnEco

Accompagnée par les Premières Sud, la chef d’entreprise prévoit de recruter à plein temps l’agent commerciale avec laquelle elle collabore et d’autres profils pour faire du suivi de sites notamment. Elle vise, pour 2025, un chiffre d’affaires de 490 000 euros.

Le volume global de biodéchets estimé dans les Alpes-Maritimes et une partie du Var avoisinerait les 150 000 tonnes.

Alpes-Maritimes # Services aux entreprises # Transition écologique # RSE # Innovation # TPE