Suez a inauguré le 10 juin une nouvelle étape du développement de sa plateforme Valorest, située près de Strasbourg. Le groupe a investi 3 millions d’euros dans de nouveaux équipements destinés à accroître ses capacités de préparation des biodéchets avant leur valorisation par méthanisation. Une opération qui s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de la filière organique dans le Grand Est, où l’entreprise a engagé 15 millions d’euros d’investissements.
Avec la généralisation du tri à la source des biodéchets, les volumes collectés poursuivent leur progression. Pour accompagner cette montée en puissance, Suez a modernisé son site Valorest de Strasbourg, dédié à la préparation des déchets alimentaires avant leur valorisation énergétique.
"Les unités de ce type traitent généralement autour de 15 000 tonnes par an. Ici, nous avons dimensionné l’installation pour atteindre 25 000 tonnes", souligne Gérard Téboul, directeur général de l’activité organique de Suez. Le projet comprend un nouveau biodéconditionneur capable de traiter jusqu’à 25 000 tonnes de biodéchets par an ainsi qu’une unité d’hygiénisation intégrée. Les nouvelles cuves ont été installées en décembre 2025 et l’installation fonctionne depuis mars dernier. "Valorest est le site où a été implantée la première unité française de déconditionnement des déchets alimentaires", rappelle le dirigeant.
Transformer les biodéchets en biométhane
Le site réceptionne des déchets alimentaires issus des collectivités et des professionnels avant de les transformer en substrat. "L’objectif est d’obtenir une matière la plus pure possible pour alimenter les méthaniseurs", explique Guillaume Huck, responsable Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Île-de-France de l’activité organique chez Suez.
Les biodéchets sont d’abord réceptionnés dans une zone dédiée puis séparés de leurs emballages. La matière organique est ensuite transformée en une "soupe" stockée dans des cuves de 100 m³. Une unité d’hygiénisation la porte ensuite à 70 °C. "Cette étape permet d’éliminer les agents pathogènes tout en répondant aux exigences sanitaires de la filière", précise Guillaume Huck.
Le délai de traitement n’excède pas 48 heures. "Pour des raisons sanitaires, nous devons aller vite. Le site fonctionne six jours sur sept afin de garantir cette réactivité", poursuit-il.
Selon le responsable, environ 25 tonnes de matière organique valorisable sont récupérées pour 28 tonnes de biodéchets réceptionnées. Cette matière, composée d’environ 20 % de matière sèche, est ensuite dirigée vers les unités de méthanisation. "Les méthaniseurs que nous alimentons peuvent produire jusqu’à 20 GWh de biométhane par an", indique Gérard Téboul.
Les collectivités, principal gisement
Le site réceptionne aujourd’hui des biodéchets issus d’environ 150 clients professionnels et collectivités. "Les collectivités constituent notre principal gisement", explique Nicolas Portron, directeur du secteur Services aux collectivités Région Est de Suez. "Trois habitants sur quatre du Bas-Rhin sont désormais raccordés à une solution de collecte des biodéchets opérée par Suez, notamment via les dispositifs déployés avec l’Eurométropole de Strasbourg."
Le bassin desservi représente plus de 800 000 habitants. L’entreprise travaille également avec environ 70 industriels générant d’importants volumes de déchets alimentaires.
La grande distribution représente à elle seule près de 40 % des flux professionnels traités sur le site. Les autres volumes proviennent notamment de l’agroalimentaire, de la restauration collective, des établissements hospitaliers ou encore des établissements pénitentiaires.
15 millions d’euros investis dans le Grand Est
L’investissement strasbourgeois s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de la filière biodéchets. "Nous avons investi au total 15 millions d’euros dans le Grand Est pour développer nos capacités de valorisation organique", indique Gérard Téboul.
Le groupe exploite notamment des unités de préparation des biodéchets à Toul, ou encore près de Metz, ville également équipée d’une unité d’hygiénisation. Dix plateformes de conditionnement sont actuellement en activité à l’échelle nationale. Au total, Suez traite environ 400 000 tonnes de biodéchets par an en France. Dans le Grand Est, 23 salariés se consacrent à cette activité.
"La réglementation accélère fortement les besoins de traitement. Nous continuons à structurer la filière pour accompagner cette montée en puissance", conclut Gérard Téboul.