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L’usine Michelin de Golbey veut diviser par deux sa consommation en eau d’ici 2030
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L’usine Michelin de Golbey veut diviser par deux sa consommation en eau d’ici 2030

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Fabricant de renforts métalliques pour pneus, le site Michelin de Golbey, à proximité d’Épinal, dans les Vosges, vise une consommation de 128 000 m3 d’eau. Soit une réduction de 50 % dont tous les aspects techniques ne sont pas arrêtés.

Au sein de l’atelier TZ du site Michelin de Golbey, 25 000 m3 d’eau sont utilisés chaque année — Photo : Jean-François Michel

Produisant 65 000 tonnes par an de renforts métalliques pour pneus, avec 420 salariés, l’usine vosgienne du groupe Michelin (132 000 salariés, CA : 27,2 Md€), installée à Golbey, à proximité d’Épinal, va se projeter jusqu’en 2030 grâce à un nouveau plan stratégique. "Nous prévoyons d’investir environ 5 millions d’euros par an sur l’usine", précise Matthieu Couffin, le directeur du site Michelin de Golbey.

Une consommation actuelle de 260 000 m3 d’eau brute

Dans cette enveloppe, la consommation d’eau de l’usine fait déjà l’objet d’une attention particulière : l’usine vosgienne veut en effet réduire de 50 % sa consommation d’eau, pour atteindre 128 000 m3. Actuellement, pour faire tourner l’ensemble de ses procédés de fabrication, l’usine consomme environ 260 000 m3 d’eau brute, sans aucun traitement, notamment pour nettoyer le fil d’acier produit. L’eau provient d’un forage exploité par Suez, dans le cadre d’une délégation de service public assurée pour la communauté d’agglomération d’Épinal.

La production de fil d’acier implique plusieurs opérations de rinçage — Photo : Jean-François Michel

Une convention sur 9 ans

"1,5 million de mètres cubes d’eau sont pompés dans ce forage. Sur ce total, 260 000 m3 sont livrés à Michelin sous forme brute, sans aucun traitement", précise Michel Heinrich, le président de la Communauté d’agglomération d’Épinal, qui vient de signer le renouvellement de la convention liant la communauté d’agglomération, Suez et Michelin. Une convention sur neuf ans permettant de sécuriser les volumes d’eau livrée à l’industriel, et garantir un tarif : 71 centimes d’euros du mètre cube, soit un tarif inférieur à celui du marché. "Par rapport à tous les projets qui touchent à notre impact sur la planète, si nous avions une approche purement économique, nous ne ferions rien", tranche Matthieu Couffin.

"Rééquilibrer notre approche pour donner du sens à ces projets."

Pour mieux mesurer les effets de la diminution de la consommation d’eau, la politique du groupe Michelin est d’affecter un prix interne à l’eau, soit 5 € du mètre cube. "Que ce soit pour le CO2, ou pour l’eau, nous valorisons en interne à un prix déconnecté de la réalité pour projeter le site à un horizon lointain. C’est une façon de rééquilibrer notre approche pour donner du sens à ces projets", souligne le directeur de l’usine Michelin de Golbey. À l’époque de la construction de l’usine de Golbey, en 1968, tous les procédés impliquant de l’eau sont en boucle ouverte : concrètement, l’eau était utilisée puis rejetée.

La station d’épuration du site Michelin de Golbey va faire l’objet d’investissements — Photo : Jean-François Michel

Une eau plus concentrée en polluants

Les premiers efforts ont été fournis en 2015, date à laquelle l’usine utilisait 358 000 m3 d’eau. "Notre approche a été itérative, pour aller étape par étape vers des procédés en boucle fermée", précise Matthieu Couffin. "À chaque étape, ce qui nous guide, c’est de pouvoir garantir à notre client un produit parfaitement conforme à ces attentes." En 2018, l’installation d’un osmoseur, soit un système de filtration de l’eau, a permis de retirer les métaux de l’eau pour pouvoir la réutiliser. Autre modification, l’utilisation de vannes de régulation de débit pour ajuster finement les besoins. "L’enjeu, c’est que nous produisons toujours autant mais avec moins d’eau. Donc, avant de la relâcher, nous récupérons une eau plus concentrée en polluants", souligne Christophe Leplat, animateur énergie pour l’usine Michelin de Golbey.

Vers une usine "pilote" sur la question de l’eau ?

À proximité des 51 000 m2 de bâtiments couverts, le site dispose d’une petite station d’épuration, qui permet de faire décanter les polluants. L’installation, qui affiche le même âge que l’usine, a déjà fait l’objet de travaux et doit être adaptée aux nouveaux enjeux. "Le projet autour de notre station d’épuration n’est pas encore mature", pointe le directeur de l’usine, qui confirme être dans le "chiffrage" des différentes technologies permettant au site d’atteindre ces objectifs. "Le groupe a la volonté de faire de l’usine de Golbey une usine pilote", se félicite Matthieu Couffin.

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