Le 28 août, une pré-inauguration de l’usine Kéréa s’est déroulée à Viviez (Aveyron). Un événement avancé pour cause de période de réserve électorale à venir, mais le fait est : le compte à rebours est lancé. Ce centre, qui pourra traiter jusqu’à 90 000 tonnes de déchets ménagers et 8 000 tonnes de biodéchets des Aveyronnais, est sorti de terre. Il s’apprête à démarrer ses essais à froid. Les premiers déchets sont attendus début novembre, pour une série de tests et une montée en puissance au cours de l’hiver, aboutissant à une livraison officielle le 1er avril 2026.
79,5 millions d’euros investis
Quelque 79,5 millions d’euros ont été injectés dans ce projet, qui crée 32 emplois. Il a été conduit par Solena Valorisation, société dédiée qui associe le groupe mayennais Séché Environnement (7 300 collaborateurs, CA : 1,1 Md€) et l’entreprise locale Sévigné TP (280 collaborateurs, CA : 55 M€), pour exécuter le contrat de délégation de service public émis en 2019 par le syndicat départemental de la gestion des déchets, le Sydom de l’Aveyron.
Après un an de travaux de terrassement (septembre 2022 à octobre 2023), la construction des bâtiments et la mise en œuvre du process se seront étendues sur deux ans, mobilisant plus de 80 entreprises, dont 70 % d’entreprises aveyronnaises.
20 000 m2 de bâtiments
L’usine de 20 000 m2 a été construite sur les hauteurs de Viviez, au lieu-dit Dunet, sur un ancien terrain de 5 hectares d’Umicore France, aujourd’hui dépollué. À l’image de son voisin tarnais Trifyl, également conçu par le bureau d’études Elcimaï, Kéréa constitue un pôle multi-filières, qui va trier et valoriser les déchets ménagers de la population. Les poubelles grises (déchets ménagers) et orange (biodéchets) collectées simultanément arriveront sur place et seront triées par quatre robots. Chaque type de déchets sera orienté pour une valorisation.
Filtrés par les trommels, les déchets fermentescibles issus des poubelles grises (FFOM) seront méthanisés dans six tunnels de méthanisation (voie sèche discontinue). Le gaz produit sera injecté dans le réseau Terega (647 salariés, CA : 517 M€) à proximité. La production estimée de 2,8 millions de mètres cubes par an (ou 13 GWh) correspond à la consommation de 10 000 habitants environ.
À côté, les biodéchets issus de la collecte triée par les habitants (sac orange) seront compostés. La capacité de traitement est de 8 000 tonnes, pour produire près de 3 000 tonnes de compost par an. Le surplus éventuel pourra être redirigé vers la méthanisation.
70 % des déchets seront valorisés
Kéréa produira également chaque année jusqu’à 31 000 tonnes de CSR (combustibles solides de récupération), à partir des déchets non organiques ainsi que du digestat séché issu de la méthanisation.
Les matières recyclables seront valorisées classiquement dans des filières de recyclage (bois, métaux ferreux et non ferreux), à raison de 3 500 tonnes par an. Les 30 % de refus seront transférés sur l’installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) de l’Igue du Mas, à 800 mètres du site. Au final, Kéréa valorisera 70 % des déchets.
Les ordures ménagères représentent aujourd’hui 60 000 tonnes de déchets. Kéréa collectera également les refus de tri des collectes sélectives des emballages, le tout-venant des déchetteries et les déchets issus des activités économiques (DAE).