Séché Environnement annonce l’acquisition du leader de la gestion de déchets industriels au Chili, Hidronor. Le groupe lavallois étend ainsi sa présence sur l’ensemble du pays et se dote de nouvelles capacités dans le traitement des déchets dangereux ou non. Le spécialiste mondial de la valorisation des déchets est déjà implanté au Chili, avec une filiale ouverte en 2017.
Un leader national avec 10 % de croissance par an
Fondée en 1991, et employant 260 collaborateurs, la société Hidronor possède trois sites répartis au nord, au centre et au sud de ce pays longiligne des Andes. Son activité est de l’ordre de 350 000 à 400 000 tonnes de déchets par an, au service de plus de 2 500 clients. Ceux-ci opèrent essentiellement dans les secteurs de l’exploitation minière, de l’énergie et de la chimie. Sa filiale Greendot est spécialisée dans les déchets industriels, un marché en forte croissance.
Hidronor affiche ainsi une croissance annuelle régulière de l’ordre de 10 % par an. Son chiffre d’affaires en 2024 s’est élevé à 42 millions d’euros, avec un EBE de 14 millions d’euros. "Hidronor extériorise une rentabilité brute opérationnelle élevée, historiquement supérieure à 30 % de son chiffre d’affaires", met en avant le repreneur.
Un pays stratégique pour le groupe
La stratégie de développement internationale de Séché passe ainsi un nouveau cap. Déjà devenu leader à Singapour avec le rachat d’ECO en juillet 2024, Séché Environnement, par cette nouvelle opération, devient également leader de la gestion des déchets dangereux au Chili. Les sites d’Hidronor, pionniers dans leur domaine et développés avec le groupe belge Machiels, contribuent notamment à gérer les déchets dangereux issus des importantes mines de cuivre du pays.
Séché Environnement (1,1 Md€ de CA en 2024) emploie 7 300 collaborateurs dans 19 pays, dont 3 000 en France et 900 en Amérique Latine. Le Chili mais aussi le Pérou, où le groupe a remporté fin 2024 plusieurs contrats majeurs pour le secteur minier, font partie des "neuf pays stratégiques" du groupe.
Jusqu’ici, le groupe mayennais réalisait au Chili différents services de traitement et valorisation de déchets. Il est également engagé à travers plusieurs contrats d’envergure, dont un chantier de trois ans de dépollution des sols aux hydrocarbures dans la ville balnéaire de Vina del Mar, près de Valparaiso.
Un autre rachat en Italie
Séché Environnement ne s’en tient pas là et annonce une autre acquisition en Europe. Le groupe mayennais a repris La Filippa en Italie. Cette société familiale créée en 2008 exploite un centre de stockage de déchets industriels non dangereux et non biodégradables d’une capacité légale de 100 000 tonnes par an. "Ses capacités durablement disponibles au sein d’une offre de traitement de déchets ultimes en tension lui permettent de bénéficier d’effets prix favorables", précise Séché. La Filippa emploie 18 salariés et a réalisé 8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024.
Une optimisation des activités
Le groupe mayennais renforce ainsi sa présence en Italie, précisément en Ligurie dans le nord du pays. Cette région est proche des marchés industriels et desservis par des axes autoroutiers. C’est une zone géographique où Séché Environnement s’affiche déjà comme l’un des tout premiers opérateurs de déchets industriels. Le groupe emploie actuellement 230 salariés, à travers ses filiales Mecomer et Furia, rachetée en 2023. Complétant ces deux filiales, La Filippa amènera des volumes supplémentaires laissant entrevoir "des synergies industrielles". Elles pourront se traduire par "l’optimisation de nombreux flux de déchets au sein du groupe, par exemple en internalisant le stockage des déchets ultimes non dangereux résiduels des activités de Furia actuellement gérés hors groupe", prévoit Séché.
Des rachats financés en interne
Ces deux acquisitions seront finalisées dans les prochaines semaines, selon le groupe lavallois. Elles sont financées par la trésorerie disponible du groupe. L’impact sur la dette financière nette est de l’ordre de 230 millions d’euros.