Alpes-Maritimes
"D'ici 2030, l'objectif de Neriva est de compter 6 à 8 déchetteries et centres de tri dans les Alpes-Maritimes"
Interview Alpes-Maritimes # Gestion des déchets et recyclage # Écosystème et Territoire

Jonathan Teadi directeur général de Neriva Environnement (groupes Ippolito et Spada) "D'ici 2030, l'objectif de Neriva est de compter 6 à 8 déchetteries et centres de tri dans les Alpes-Maritimes"

S'abonner

Un mariage pour la transition écologique des Alpes-Maritimes, c'est ce qu'ont signé les groupes locaux et familiaux Spada et Ippolito en créant Neriva. Une nouvelle entreprise qui veut répondre aux enjeux de recyclage et de traitement des déchets des professionnels. Son directeur général, Jonathan Teadi, précise les ambitions et la feuille de route.

Jonathan Teadi est le directeur général de Neriva Environnement, basé à Nice — Photo : Olivia Oreggia

Comment Neriva est-il né ?

Nous avons démarré par l’acquisition d’un site de tri de plus de 5 000 m2 à Contes, près de Nice, qui réalise plus d’une dizaine de millions d’euros de chiffres d’affaires, et qui opère les marchés publics pour le compte de la Métropole Nice Côte d’Azur et des communautés de la Riviera française (Menton, NDLR) et du Pays des Paillons. On y accueille tous les camions et on fait un tri à la pelle mécanique des encombrants et du tout-venant de déchèteries.

Comment ce site va-t-il évoluer ?

Nous avons obtenu l’autorisation préfectorale pour y installer un centre de tri, avec un process automatisé, pouvant traiter jusqu’à 75 000 tonnes de déchets, là où sont actuellement traitées 45 000 tonnes. Nous allons déposer un permis de construire dans les semaines à venir. Les travaux devraient démarrer fin 2026-début 2027 et devraient s’étendre sur une année car ce sont des travaux assez lourds puisque l’activité du site se poursuivra dans le même temps.

Quel est l’investissement d’un tel projet ?

Entre 5 à 6 millions d’euros, englobant le bâtiment et le matériel.

Mais pour trier, il faut d’abord collecter ces déchets…

Oui, nous voulons maîtriser toute la chaîne. C’est pourquoi nous allons ouvrir une première déchetterie professionnelle à Cagnes-sur-Mer début 2026. Nous allons bientôt démarrer les travaux (600 000 euros d’investissement estimé, NDLR) sur du foncier d’environ 2 500 m2 appartenant à l’une des deux sociétés actionnaires de Neriva (Spada et Ippolito, NDLR). Nous aurons une deuxième déchetterie à Nice courant 2026. Les discussions sont toujours en cours mais tous les voyants sont au vert.

À terme, alors que le foncier disponible dans les Alpes-Maritimes est très rare, combien de sites visez-vous ?

À horizon 2030, notre objectif est d’avoir 6 à 8 sites dans le département — 4 à 6 déchetteries et 2 centres de tri — afin d’avoir un maillage qui se complète permettant de répondre à la fois à un besoin réglementaire, à une demande des collectivités et à un besoin des entreprises du secteur privé.

À qui ces sites s’adresseront-ils ?

Nous collecterons et trierons tous les DAE, les déchets d’activité économique, donc tous les déchets non ménagers, non dangereux, issus du BTP, de l’industrie, du commerce. Nous allons cibler particulièrement les artisans et leur apporter des solutions de proximité. Parce qu’il y a un manque d’offres dans le département, les déchèteries publiques acceptent les professionnels, mais ce n’est pas leur rôle, elles ne sont pas adaptées. Et la réglementation qui se met en place avec la REP, la Responsabilité élargie des producteurs, impose dans des zones urbaines une distance de 10 kilomètres entre le lieu de production des déchets et l’installation de leur reprise. Une déchetterie tous les 10 kilomètres, nous en sommes un peu loin…

Il s’agit donc avant tout de garder, sur notre territoire, la matière première qu’est le déchet ?

Tout à fait, le déchet devient une matière première, une ressource. L’idée est de la valoriser au maximum. C’est pour cela que, dans un second temps, nous irons vers la valorisation énergétique, car le but n’est pas d’enfouir mais de valoriser en énergie ces matériaux-là, non valorisables en matière, qui ont un pouvoir calorifique intéressant. Nous sommes des acteurs du territoire et nous voulons répondre aux problématiques du territoire, l’autonomie énergétique étant une autre problématique du département.

Dans cette vision à (très) long terme, quel est votre objectif de chiffre d’affaires ?

Sur l’exercice 2025-2026, il sera autour de 25 millions d’euros et devrait plus que doubler d’ici 2030. Les effectifs aussi devraient doubler. Aujourd’hui, en regroupant dans Neriva les salariés du site que nous avons repris à Contes, et ceux des activités liées aux déchets et à l’assainissement au sein de Spada et du groupe Ippolito, nous comptons près de 140 collaborateurs. Nous allons évidemment avoir des besoins de recrutement peu à peu pour accompagner notre croissance, sans compter d’éventuelles opérations de croissance externe.

Alpes-Maritimes # Gestion des déchets et recyclage # Production et distribution d'énergie # Écosystème et Territoire # Transition écologique # Transition énergétique # Investissement industriel # Investissement immobilier # Création d'entreprise # PME