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En Moselle, le site Suez de Fameck veut améliorer la qualité de son tri grâce à l’intelligence artificielle
Moselle # Gestion des déchets et recyclage # PME

En Moselle, le site Suez de Fameck veut améliorer la qualité de son tri grâce à l’intelligence artificielle

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Le groupe Suez mise sur l’intelligence artificielle pour doper la performance de son centre de tri de Fameck. En Moselle, le géant de l’environnement vient de déployer un système de vision capable de scanner les bennes en temps réel. Avec un objectif : capter 1 350 tonnes de matières valorisables supplémentaires au cours de 2026.

Les bennes sont vidées sous l’œil attentif d’une intelligence artificielle pour repérer la matière valorisable — Photo : Jean-François Michel

"Notre vocation sur ce site, c’est d’aller vers le 100 % valorisation", résume Franck Maillet, directeur pour l’Alsace et la Lorraine de la branche entreprises de Suez recyclage et valorisation. À Fameck en Moselle, le groupe Suez (40 000 salariés, CA : 9,2 Md€) vient d’équiper son centre de tri des déchets d'activité d’un système de vision intelligente, capable de scanner les bennes remplies de déchets par les entreprises et les collectivités pour en tirer les matières encore valorisables. Traitant un total de 60 000 tonnes de déchets par an, avec une équipe de 14 personnes dont deux en insertion, le site Suez de Fameck réalise entre 12 et 13 millions d’euros de chiffre d’affaires et cherche désormais à booster sa performance de tri. "Actuellement, notre taux de tri en valorisation matière et énergie tourne autour de 60 %", précise Franck Maillet.

Un site en pleine mutation

Demain, grâce à l’intelligence artificielle, le site doit aller plus loin : l’objectif pour 2026 est de retirer grâce à un tri plus fin jusqu’à 1 350 tonnes de matières valorisables, soit un gain de 10 % par rapport à 2025. Un objectif qui accompagne une mutation complète du site : "Sur l’Ecopôle de Fameck, le groupe a investi plus de 10 millions d’euros depuis 2020", précise Franck Maillet, en soulignant que depuis deux ans, "les chantiers accélèrent". C’est notamment là que le groupe va construire une unité industrielle à 6 millions d’euros, pour traiter jusqu’à 27 000 tonnes de biodéchets par an.

"Cinquième site du groupe à bénéficier de cette innovation"

L’arrivée de l’intelligence artificielle sur le centre de tri de Fameck a déjà bousculé les habitudes de travail dans le traitement des DIB, pour déchet industriel banal. Ces déchets, produits par les activités habituelles d’une entreprise, se présentent mélangés et n’étaient jusqu’ici pas valorisés. Installé en décembre 2025, opérationnel depuis le mois de janvier, le système déployé par Suez a été développé en partenariat avec la société parisienne Altaroad. "Nous sommes le cinquième site du groupe à bénéficier de cette innovation", précise Frank Beauval, directeur du site de Fameck.

Le système Qualiwaste devrait permettre de retirer jusqu’à 1 350 tonnes de matières valorisables par an des déchets dits DIB, pour déchet industriel banal — Photo : Jean-François Michel

Les bennes vidées pour être triées

Après son identification à l’entrée du site, le poids lourd et sa benne remplie de déchets s’immobilisent sous une caméra, perchée sur un pylône. Quelques secondes plus tard, le chauffeur découvre le résultat : si le système a détecté des matières valorisables, le poids lourd est orienté vers l’atelier tri, un espace aménagé pour permettre d’étaler le contenu de la benne pour le trier. "Une fois la benne vidée, une deuxième caméra va scanner le contenu pour affiner la reconnaissance du contenu", déroule Frank Beauval. Ensuite, c’est grâce à une pelle mécanique qu’un opérateur va séparer les déchets pour en extraire tout ce qui peut être valorisable. Au-delà de l’amélioration de la performance du site, Franck Maillet y voit un autre avantage : "Ce système permet de repérer les bonbonnes de protoxyde d’azote, et limiter les départs de feu dû à la présence de batterie au lithium".

Départs de feux et protoxyde d’azote

Deux fléaux qui viennent régulièrement perturber le travail de tous les centres de tri en France : "Les départs de feu dû à la présence de batteries au lithium ont été multipliés par dix en deux ans", précise Franck Maillet. Utilisé dans le milieu médical pour ses propriétés anesthésiques, le protoxyde d’azote a été détourné par des usagers pour en faire un gaz hilarant, dont les bonbonnes vides se retrouvent dans les bennes à ordures. Vides ou presque vides : des bonbonnes de toutes les tailles explosent régulièrement dans les centres de tri ou les fours des unités de valorisation énergétique. "L’intelligence artificielle est capable de repérer les contenants et nous permet ainsi de les retirer des bennes", se félicite Frank Beauval. Pour l’instant, le système d’intelligence artificielle est encore dans une phase d’apprentissage, et les équipes du site de Fameck ont toujours un œil attentif aux décisions prises par les algorithmes.

Un comptoir des métaux

En parallèle de l’installation de l’intelligence artificielle sur le site de Fameck, l’équipe de Suez s’apprête à lancer un comptoir des matériaux, qui devrait être opérationnel la semaine du 23 mars. L’outil s’adresse aux artisans et aux particuliers, et vise à récupérer jusqu’à 1 500 tonnes de matériaux par an. "Le gisement est diffus, composé de petits flux, mais nous sommes le seul dispositif de ce type dans le secteur", souligne Franck Maillet. L’incitation est forte : après le dépôt de leurs métaux, professionnels et particuliers repartiront avec un chèque, correspondant à la valeur de leur dépôt.

Moselle # Gestion des déchets et recyclage # Intelligence artificielle # Ingénierie # PME # Grandes Entreprises # Transition écologique