Améliorer le rendement de la méthanisation, c’est le défi que s’est lancé Suez avec le procédé Digelis® FoodWaste, dont le groupe a installé un démonstrateur sur le site de méthanisation Meta-Bio-Energies, qu’il opère à Ombrée-d’Anjou, au nord-ouest du Maine-et-Loire. Ce procédé s’appuie sur une technologie réduisant fortement la consommation d’eau et améliorant la qualité du digestat.
Une augmentation des flux depuis 2024
En fonctionnement depuis janvier 2026 à Ombrée-d’Anjou, le démonstrateur semi-industriel de Suez (9,2 Md€ de CA, 40 000 collaborateurs dans 40 pays), le premier en France, est le résultat de 10 années de recherche et développement. " Avec Digelis® FoodWaste, Suez apporte une réponse complémentaire à la méthanisation, plus performante et sobre, pour gérer les volumes croissants de biodéchets, issus notamment de la généralisation du tri à la source depuis la loi AGEC en 2024 ", précise Jérôme Bailly, directeur Innovation de Suez.
Hors résidus agricoles, près de 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produites en France en 2023. Et depuis le 1er janvier 2024, la généralisation du tri à la source des biodéchets pour les professionnels et les collectivités augmente fortement les flux de ces biodéchets, qu’il faut traiter et valoriser. Pour leur méthanisation, il faut au préalable déconditionner ces déchets, en retirant les emballages et les impuretés puis les purifier afin d’éviter la prolifération de potentiels agents pathogènes.
Une consommation d’eau réduite
Le procédé développé par Suez réduit la consommation d’eau habituellement utilisée dans la phase de préparation. Il utilise en effet la composition même des biodéchets, qui contiennent environ 60 % d’eau.
Avant la méthanisation, le processus se déroule en trois phases : l’ouverture des emballages, qui sont broyés en morceaux de plus de 5 centimètres pour rendre la matière organique accessible, la digestion biologique, pendant laquelle les biodéchets fermentent dans un réacteur à 55 degrés, ce qui permet de libérer l’eau et de purifier, puis une séparation mécanique de la matière organique et des impuretés. " Cette technologie permet de préparer les biodéchets pour améliorer la performance énergétique et environnementale de la méthanisation ", explique Jérôme Bailly.
Un doublement du parc de méthaniseurs à l’horizon 2030
La solution permet, selon Suez, d’obtenir 5 % de biogaz supplémentaire et de réduire la consommation d’énergie et d’eau. Après la méthanisation, le digestat obtenu, qui est ensuite utilisable comme engrais, serait également plus concentré et de meilleure qualité agronomique.
À terme, le démonstrateur d’Ombrée-d’Anjou traitera jusqu’à 2000 tonnes de biodéchets par an. Suez, qui dispose de 12 méthaniseurs en France capables de traiter 400 000 tonnes de déchets par an, valorisés en 30 000 tonnes de biodéchets (méthanisation et compostage), souhaite doubler son parc d’ici 2030.