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Séché Environnement se donne un an pour améliorer sa rentabilité
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Séché Environnement se donne un an pour améliorer sa rentabilité

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Séché Environnement a enregistré un recul de ses bénéfices de 40 % l’an dernier. Après des années de croissance et d’acquisitions, le groupe mayennais s’est heurté en 2025 au contexte économique et géopolitique. L’activité en France en particulier a été pénalisée. Le spécialiste de la gestion des déchets, du traitement des eaux industrielles et des unités de valorisation énergétique, a donc présenté un plan de performance.

Malgré un exercice 2025 plus compliqué pour Séché Environnement, "le recul ponctuel de la performance de certaines activités ne doit pas occulter la pertinence de notre positionnement stratégique", insiste le dirigeant Maxime Séché — Photo : Séché

L’année 2025 n’a pas été favorable à Séché Environnement. Le bénéfice net a reculé de près de 40 %. Il est passé de 35,5 à 21,5 millions d'euros. Le chiffre d’affaires annuel n’a progressé "que" de 3,7 % pour s’établir à 1,152 milliard d’euros. La faute à "un contexte économique et géopolitique incertain", commente son président fondateur, Joël Séché. Le groupe lavallois est spécialisé dans la gestion des déchets, le traitement des eaux industrielles et dans le domaine de l’énergie.

Les incertitudes ont en particulier pénalisé les activités en France, au second semestre. La comparaison est d’autant moins flatteuse avec la même période en 2024 : les filières, aussi bien celle des déchets dangereux que celle des déchets non dangereux, avaient alors enregistré un très fort niveau d’activité.

Recyclage, chimie, énergies… en recul

La baisse des résultats concerne notamment les activités circulaires, ainsi que de valorisation énergétique des déchets. Un total de 4,5 millions d’euros a dû être consacré à des réparations sur des unités. Les pertes sur la gestion chimique et le traitement des solvants s’élèvent à dix millions d’euros. Mais les commandes, en provenance de grands donneurs d’ordre dans ce domaine, devraient être relancées au cours du premier semestre, selon le directeur général, Maxime Séché.

Une croissance freinée

Globalement ces dernières années, l’industriel mayennais a plutôt été habitué aux croissances externes, et à une croissance soutenue. Son chiffre d’affaires est ainsi passé de 400 millions d’euros à 1,11 milliard d’euros en 15 ans.

Dans le monde, 7 300 salariés travaillent pour le groupe, dont environ 3 000 en France. Séché Environnement s’est implanté sur tous les continents et a diversifié ses activités. L’entreprise a maîtrisé la gestion des déchets, avant de développer des unités de valorisation énergétique, de déployer des activités plus spécifiques (recyclage de solvants, gestion de déchets miniers, intervention d’urgences en cas de pollution, etc.) ou encore de s’investir dans le traitement des eaux industrielles en 2022.

Au moins 7 millions d’euros d’économies prévues

Le dernier exercice marque donc un coup d’arrêt. En conséquence, le groupe s’engage dans "une gestion plus rigoureuse que jamais". Un plan de performance a été lancé. Il vise à conforter la marge d’EBE, à améliorer la trésorerie (via le cash-flow libre) et à réduire l’endettement financier. Le serrage de vis concerne toutes les strates du groupe, des frais de voyage aux voitures de fonction en passant par les contrats d’assurance et le renouvellement de l’offre commerciale. Le groupe espère ainsi générer 15 millions d’euros d’EBE supplémentaires sur un an grâce à 7 millions d’euros d’économies et 8 millions d’euros de synergie intragroupe. Les effets sont attendus dès le deuxième trimestre.

Pas de remise en cause de la stratégie

"Le recul ponctuel de la performance de certaines activités ne doit pas occulter la pertinence de notre positionnement stratégique", insiste le directeur général, Maxime Séché. Et d’ajouter : "À l’international, la plupart de nos filiales affichent une croissance solide sur des marchés durablement bien orientés", qui répondent à des attentes sociétales et des impératifs liés à l’environnement.

Le dirigeant veut rassurer les investisseurs en rappelant le caractère familial du groupe Séché, côté sur Euronext depuis 1997. "Nous avançons avec une vision à long terme", ajoute-t-il.

Toujours des reprises

En plus d’une recherche de performance en croissance organique, le groupe lavallois poursuit sa croissance externe. Avec récemment l’acquisition de la société Filippa, spécialiste des déchets industriels non dangereux en Italie. Avec aussi Hidronor, le numéro un des déchets dangereux au Chili. Avec le Groupe Flamme, dernier grand acteur indépendant en France sur l’incinération des déchets dangereux. Ce rachat reste encore soumis à la Concurrence. La validation de l’intégration, intégrale ou partielle, du groupe nordiste est attendue avant l’été.

"Ces acquisitions contribueront à la croissance plus soutenue et à l’amélioration de la rentabilité anticipées en 2026", avance Maxime Séché.

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