Bas-Rhin
Tryba accélère la réduction de ses consommations de matière sous pression des coûts
Bas-Rhin # Industrie # Transition écologique

Tryba accélère la réduction de ses consommations de matière sous pression des coûts

S'abonner

Engagé de longue date dans l’optimisation de ses consommations industrielles, le groupe alsacien Tryba intensifie ses efforts face à la hausse récente des coûts des matières premières. Un levier clé pour préserver ses marges sans augmenter ses prix.

Marc Daeffler est le président de Tryba depuis le 23 septembre 2025 — Photo : Marine Dumeny

À Gundershoffen (Bas-Rhin), Tryba fabrique environ 600 fenêtres par jour, soit près de 135 000 unités par an. Le groupe (302 millions d’euros de chiffre d’affaires pour la marque Tryba, près de 1 500 salariés dont 496 en Alsace) est exposé aux variations du coût des matières premières, notamment du PVC et de l’aluminium.

L’entreprise anticipe une hausse de 7 à 10 % du coût de certains composants à partir de fin avril. "Nous travaillons depuis longtemps sur ces sujets, et le contexte actuel accélère clairement les choses", indique Marc Daeffler, président-directeur général de Tryba.

L’outil industriel du groupe repose sur trois sites de production en France, dont celui de Gundershoffen, qui s’étend sur 60 000 m². Le site intègre notamment une activité de vitrerie, avec des lignes automatisées permettant de produire du double et du triple vitrage en série. Tryba commercialise plus de 150 modèles de menuiseries, via un réseau d’environ 320 Espaces Conseil en France.

Une réduction des pertes engagée

Pour limiter l’impact de ces hausses, Tryba agit en amont de la production, au moment de la transformation des matériaux. Les ajustements portent sur les plans de découpe et l’ordonnancement des séries, afin de réduire les pertes liées aux changements de formats et aux chutes de matière. Près de 2 millions d’euros ont été engagés récemment dans de nouveaux équipements de production, visant à la fois la réduction des chutes de matière et la diminution du port de charges sur les lignes. Le taux de chute sur le PVC atteint ainsi désormais 5 %, contre environ 20 % deux ans auparavant.

Divisés par deux en un an, les accidents du travail reculent chez Tryba, sur le site de Gundershoffen (Bas-Rhin), grâce à l’automatisation — Photo : Marine Dumeny

Depuis janvier 2026, des dispositifs issus de l’activité véranda sont testés sur certaines lignes. Ils consistent à adapter les plans de découpe aux dimensions produites et à regrouper certaines fabrications pour limiter les variations de formats. Selon l’entreprise, ces essais permettent d’envisager une réduction d’environ 20 % des chutes sur les lignes concernées. Les premiers résultats consolidés sont attendus en mai. "L’objectif est de consommer moins de matière, tout en maintenant les performances techniques des produits", précise Cédric Pascual, responsable marketing de Tryba.

Ces ajustements portent sur des volumes importants. Le site de Gundershoffen revalorise chaque année 1 700 tonnes de verre et plus de 150 tonnes d’aluminium, ainsi que plusieurs milliers de tonnes de plastiques issus des chutes de production.

Réduction des chutes et optimisation des flux : Tryba ajuste ses process de vitrerie dans son usine de Gundershoffen (Bas-Rhin) — Photo : Marine Dumeny

Une hausse des coûts partiellement absorbée

Dans ce contexte, l’entreprise indique ne pas répercuter intégralement la hausse des coûts sur ses prix de vente. Les ajustements de production visent à limiter l’impact de la hausse des matières sur les volumes consommés.

Six mois après son intégration au groupe Dovista, Tryba a engagé des travaux sur la mutualisation des achats. "Nous travaillons sur certains approvisionnements pour bénéficier d’effets d’échelle", indique Marc Daeffler.

Bas-Rhin # Industrie # Menuiserie # Transition écologique # ETI # Production