Meurthe-et-Moselle
La centrale électrique TotalEnergies de Toul franchit le cap des 1 000 jours sans accident
Meurthe-et-Moselle # Production et distribution d'énergie # Investissement industriel

La centrale électrique TotalEnergies de Toul franchit le cap des 1 000 jours sans accident

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À quelques jours d’un arrêt pour la maintenance de ses installations, la centrale à cycle combiné gaz TotalEnergies de Toul, en Meurthe-et-Moselle, veut capitaliser sur sa culture de la sécurité. Le directeur du site, Clément Pacary, et Mathilde Grandjean, la directrice "Hygiène Sécurité Environnement", décryptent la stratégie qui a permis de franchir le cap des 1 000 jours sans accident sur le site.

Le directeur du site, Clément Pacary, et Mathilde Grandjean, responsable HSE, au sein du "dojo sécurité" de la centrale électrique de Toul — Photo : Jean-François Michel

Le 8 mai prochain, le site de la centrale électrique TotalEnergies de Toul va se lancer dans un chantier de deux semaines : plus de 90 personnes, travaillant pour 29 entreprises, vont investir les installations pour y mener des opérations de maintenance. "En plus de la maintenance préventive nécessitant l’arrêt de la centrale, nous allons également inspecter la chambre de combustion de la turbine à gaz", précise Clément Pacary, directeur de la centrale à cycle combiné gaz TotalEnergies de Toul. Affichant une puissance de 435 MW, soit l’énergie nécessaire pour alimenter 500 000 personnes, le site vient de franchir une barrière symbolique : 1 000 jours sans accident. Et les opérations de maintenance à venir ne devront en aucun cas venir interrompre cette performance. "Trois ans sans accident, ou 1 000 jours, c’est un objectif que nous nous étions fixé et que nous avons atteint", retrace Clément Pacary.

Un objectif partagé dans le groupe : zéro accident

Au sein du groupe TotalEnergies (100 000 salariés, 171 Md€ de CA), les fondements de la culture sécurité sont à rechercher dans les entités assurant la production d’hydrocarbures. Extrêmement rigoureux, les standards de l’énergéticien français ont permis d’aller vers le zéro accident. "L’objectif est simple, c’est zéro accident au périmètre de la compagnie, donc zéro accident aussi sur le périmètre de la centrale électrique de Toul", résume Clément Pacary. Après la cartographie des risques et le recensement des conduites à tenir pour les éviter, le déploiement des stratégies concrètes reposent sur les épaules des responsables HSE, pour "Hygiène environnement sécurité".

Le cycle combiné gaz de Toul va bénéficier d’un arrêt majeur en 2027 ou 2028 — Photo : Jean-François Michel

Un "dojo sécurité" pour transmettre les bonnes pratiques

"La routine, c’est le piège", prévient Mathilde Grandjean, responsable HSE du site de Toul. Pour contrer ce risque, le système mis en place repose sur l’omniprésence du dialogue, notamment via des "pré-job briefings" ou réunion avant les chantiers, ainsi que des "causeries sécurité" matinales. Et pour permettre aux personnels des entreprises sous-traitantes de travailler en toute sécurité sur ce site classé ICPE, un soin particulier a été apporté aux consignes : ici, pas un simple film à visionner, mais un passage obligatoire par le "dojo sécurité". Dans cette salle dédiée à la sécurité, tout le personnel peut y trouver toutes les bonnes pratiques et les différentes règles d’or liées à la sécurité et imposée par le groupe. "Toutes les procédures qui peuvent être déployées sur le site ont leurs fiches sécurité", détaille Mathilde Grandjean,

Le droit d’alerte : l’arme absolue

L’outil le plus emblématique de cette culture sécurité est sans doute la "stop card". Ce dispositif autorise n’importe quel intervenant, salarié, prestataire ou encore visiteur, à interrompre une opération s’il juge la situation dangereuse. "Si on a le moindre doute, on arrête et on discute", résume Mathilde Grandjean. Cette vigilance s’applique à tous, sans distinction hiérarchique. Clément Pacary confie d’ailleurs avoir lui-même été rappelé à l’ordre par un opérationnel : "On m’a fait savoir que je me mettais en danger. L’objectif est atteint : les gens n’ont pas peur de signaler des dérives, même au niveau de la direction".

La déclinaison opérationnelle des règles d’or du groupe en matière de sécurité est assurée par les responsables HSE — Photo : Jean-François Michel

Maintenance : une " ruche " sous haute surveillance

Le véritable test de cette culture intervient lors des arrêts de maintenance, comme celui de deux semaines qui débute ce 8 mai. Le site se transforme alors en "véritable ruche" : durant cette phase critique, les risques basculent. Des risques industriels, comme ceux liés à l’incendie ou encore à la présence d’hydrogène, le danger vient alors des risques humains. "Nous sommes plus sur des risques liés au levage, au travail en hauteur, ou encore à la cheville tordue, la chute de plain-pied", détaille Mathilde Grandjean. "Le premier risque qui existe sur les arrêts, c’est la fatigue", résume la responsable HSE. Malgré un planning serré, la direction refuse de sacrifier la sécurité sur l’autel du redémarrage dans les temps. "Avancer un chantier rapidement en passant outre la sécurité, ce n’est pas acceptable", tranche Clément Pacary. La préparation d’un arrêt de tranche de deux semaines peut prendre jusqu’à un an de travail.

Investir pour prévenir

Cette exigence a un coût que le groupe assume. "Tous les ans, des investissements sont fléchés pour faire des mises à niveau", indique Clément Pacary. Récemment, la centrale a bénéficié de "plusieurs centaines de milliers d’euros" pour installer des capteurs d’hydrogène, un gaz utilisé pour refroidir le générateur. En 2026, ce sont à nouveau 200 000 € qui vont être investis afin de pouvoir piloter à distance les vannes d’hydrogène en cas d’incident. "Il est hors de question d’exposer quelqu’un", tranche le directeur. Autre investissement à programmer, l’installation de lignes de vie pour permettre aux techniciens de s’accrocher avec des harnais lors d’opérations menées sur les machines.

Meurthe-et-Moselle # Production et distribution d'énergie # Investissement industriel # Grandes Entreprises # PME # RSE # Qualité de vie au travail