La biotech Transgene, installée à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), près de Strasbourg, poursuit avec ses 160 salariés le développement de TG4050, premier vaccin thérapeutique individualisé issu de sa plateforme myvac. Cette plateforme vise à concevoir, pour chaque patient, un vaccin sur mesure à partir des mutations propres à sa tumeur. L’objectif n’est pas de prévenir un cancer, comme certains vaccins, mais d’aider le système immunitaire à reconnaître les cellules tumorales pour limiter le risque de rechute.
NEC Bio sécurise la brique IA
Début avril, Transgene a signé un accord de licence avec NEC Bio (filiale de NEC Corporation) pour poursuivre le développement clinique de TG4050. Cet accord lui garantit l’accès à la technologie de prédiction des néoantigènes de NEC, ainsi que les droits nécessaires à « la poursuite du développement clinique », à une future commercialisation et à d’éventuels partenariats.
L’opération prévoit 2,5 millions d’euros en actions Transgene et 2,5 millions d’euros en numéraire, versés par tranches jusqu’au début 2028. NEC pourra aussi percevoir d’autres paiements selon l’avancement clinique du programme.
Une preuve clinique à confirmer
La société, qui détient plus d’une centaine de brevets, a annoncé la fin de la randomisation des patients de la phase 2 de son essai clinique. Autrement dit, les patients ont été répartis dans les différents bras de l’étude afin de comparer l’effet du traitement. L’essai porte sur des cancers de la tête et du cou HPV négatifs (cancers de la sphère ORL non liés au papillomavirus, après chirurgie, NDLR). Les résultats principaux sont attendus au plus tard à la fin du premier trimestre 2028.
TG4050 repose sur une chaîne technologique complexe. Les mutations de la tumeur sont d’abord identifiées par séquençage, puis hiérarchisées grâce à la plateforme d’intelligence artificielle de NEC, groupe japonais (CA : 22 Md€) partenaire de Transgene. Cette IA permet de sélectionner les néoantigènes les plus pertinents, c’est-à-dire des marqueurs propres à la tumeur susceptibles de déclencher une réponse immunitaire.
Ces informations sont ensuite intégrées dans un vecteur viral rendu inoffensif. Il sert de véhicule biologique : il transporte les instructions nécessaires pour entraîner le système immunitaire à cibler les cellules cancéreuses. Dans son communiqué, Transgene indique que TG4050 a atteint tous les objectifs de la phase 1 et apporté une « preuve de principe clinique robuste », avec des patients traités sans récidive deux ans après le début du traitement. Les données de survie sans récidive à trois ans sont attendues au deuxième ou au troisième trimestre 2026.
Plus de 100 millions d’euros disponibles
Sur le plan financier, Transgene affiche 1,4 million d’euros de produits opérationnels au premier trimestre 2026, contre 2,5 millions un an plus tôt. Cette baisse s’explique notamment par un crédit d’impôt recherche ramené de 2,3 à 1,1 million d’euros, après la finalisation d’une partie des activités liées à la fabrication des lots de phase 2.
Au 31 mars, la société disposait de 103,8 millions d’euros de trésorerie et autres actifs financiers, contre 111,9 millions fin 2025. Sa consommation nette de trésorerie s’établit à 8,1 millions d’euros sur le trimestre, contre 14,8 millions un an plus tôt. Transgene souligne ainsi disposer d’une « visibilité financière jusqu’au début de 2028 », un horizon clé pour poursuivre les essais et préparer l’industrialisation de ses vaccins personnalisés.