Michelin confirme la fermeture des usines de Cholet et Vannes, qui emploient plus de 1200 salariés
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Michelin confirme la fermeture des usines de Cholet et Vannes, qui emploient plus de 1200 salariés

Le fabricant de pneumatiques français a annoncé ce mardi 5 novembre 2024 la fermeture de deux sites dans l’Ouest, à Vannes (Morbihan) et Cholet (Maine-et-Loire). Produit dans l’usine choletaise, employant prés d’un millier de collaborateurs, le segment premium de Michelin a subi la concurrence des pneus à bas prix en provenance d’Asie.

L’usine Michelin de Cholet (Maine-et-Loire), site de production de référence dans les pneus de 4X4, a pâti du retournement des tendances de marché pour les pneus de camionnettes — Photo : Michelin

Le groupe Michelin confirme les craintes : les usines de Cholet et Vannes vont fermer. La production sera mise à l’arrêt "au plus tard début 2026". L’annonce a été faite auprès des 1 254 salariés des deux sites ce mardi 5 novembre 2024 au matin. Les dirigeants du groupe sont dans le Maine-et-Loire et dans le Morbihan à l’occasion du comité social et économique (CSE) de chacun des deux sites. Le groupe s’engage à "accompagner individuellement les salariés concernés": ils sont 955 à Cholet, à produire principalement des pneus de camionnette 17 pouces, et 299 salariés à Vannes, à la fabrication de renforts métalliques pour poids-lourds.

Des productions en chute

"Cette décision est devenue inéluctable en raison de la transformation structurelle du marché des pneumatiques tourisme-camionnette et poids lourd et de la dégradation de la compétitivité de l’Europe, notamment du fait de l’inflation et de la hausse des prix de l’énergie. Ces dernières années, ces marchés européens se sont profondément transformés pour s’orienter fortement vers les pneus à bas prix issus principalement d’Asie, au détriment des segments premium", justifie le groupe auvergnat.

Le site de Cholet a ainsi vu ses volumes de production s’effondrer "de 4,375 millions environ en 2019 à 2,265 millions en 2024, sans perspective de redressement", précise Michelin. À Vannes, "la production a décru de 41 000 tonnes en 2019 à 34 000 tonnes prévues en 2024". Là encore, "une tendance sans perspective de redressement", selon l’industriel.

Le site morbihannais, qui venait de fêter ses 60 ans d'existence en septembre 2023, a cumulé les handicaps dans le temps : un marché des pneumatiques poids-lourds qui s'est donc déporté de l'Europe vers l'Asie, une usine de petite taille et un éloignement des clients et des fournisseurs. Sur les quatre usines de renforts métalliques que compte Michelin en Europe, Vannes est donc celui qui fermera. Sa production sera répartie sur les autres sites et plus spécifiquement vers le site de Golbey (Vosges).

Dans l’immédiat, Michelin a volontairement pris la décision d’arrêter jusqu’au 11 novembre inclus la production des deux sites pour permettre à la direction et aux organisations syndicales de proposer des échanges collectifs et individuels aux employés.

D’autres sites au ralenti

Ces annonces interviennent juste après la décision de mettre les 500 salariés de Blavozy au chômage partiel. L’usine de Haute-Loire, spécialisée dans la fabrication de pneus pour le secteur du génie civil, va cesser de produire pendant six semaines, de la mi-novembre jusqu’à début 2025, face à la baisse conjoncturelle des commandes. À la mi-décembre, le site de Troyes dans l’Aube sera également mis à l’arrêt pendant deux semaines.

La France reste "un pays central pour le groupe"

La marque au bibendum (132 000 salariés dans le monde, 28,3 Md€ de CA) rappelle néanmoins que "la France est un pays central et stratégique" pour le groupe. "Depuis dix ans, Michelin a investi en France plus de 2,6 milliards d’euros, dont 1,5 milliard pour moderniser son outil industriel." Ces investissements ont concerné en priorité la modernisation, la digitalisation et la mise en place de l’intelligence artificielle sur des lignes de production, la décarbonation des activités ou encore l’amélioration des conditions de travail. À Clermont-Ferrand, où siège le groupe, 300 millions d’euros sont injectés dans la revitalisation d’une ancienne usine, alliant investissements privés et publics. Ce nouveau lieu doit permettre d’ici 2030 "la création d’environ 1 000 nouveaux emplois notamment dans la formation de pointe aux métiers de l’industrie et les biomatériaux de demain", assure Michelin.

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