Après plus de 61 ans d’existence, Michelin Vannes cessera progressivement ces activités courant 2025. L’annonce a été faite sur le site du Prat à Vannes mais aussi à Cholet. À Cholet, 955 sont concernés sur des activités de fabrication de pneus de camionnette 17 pouces tandis qu’à Vannes, 299 salariés produisent des renforts métalliques pour les pneumatiques de poids lourds.
Alors que Claudia Netodea, directrice du site depuis 2023, informait ce 5 novembre les équipes dans l’usine, Xavier Pesche, directeur des opérations industrielles matériaux et Nicholas Walker, en charge des parties métalliques du groupe, ont évoqué les raisons de cette fermeture, mais aussi les perspectives. "La priorité demeure l’impact de cette annonce sur nos salariés. Nous devons les accompagner et nous le ferons, via un suivi personnalisé, individualisé et de qualité vers un nouvel avenir professionnel", a assuré Xavier Pesche. Le directeur des opérations industrielles a précisé que cette "décision avait été prise en dernier recours."
Michelin Vannes pénalisée par sa taille et sa situation géographique
Et de rappeler que le site de Vannes connaît des difficultés depuis environ cinq ans. L’usine morbihannaise a cumulé les handicaps dans le temps : un marché des pneumatiques poids lourds qui s’est déporté de l’Europe à l’Asie, un éloignement, une usine de petite taille et un éloignement des clients et des fournisseurs. Sur les quatre usines de renforts métalliques que compte Michelin en Europe, Vannes est donc celui qui fermera. Sa production sera répartie sur les autres sites et plus spécifiquement vers le site de Golbey (Vosges) "qui va accueillir 50 % de ses volumes et qui verra la création d’environ 50 emplois", détaille Xavier Pesche.
Si à Vannes, la décision a été prise d’arrêter la production cette semaine "afin d’expliquer aux salariés les mesures d’accompagnement qui vont être mises en place dans les prochains", le calendrier se précise pour le devenir du site. Désormais, Michelin, dont le siège se trouve à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) va se mettre en quête d’un repreneur pour son usine.
À la recherche d’un repreneur
Cette usine va se mettre en quête d’un repreneur. "Nous accueillons déjà les APF (France Handicap) et Wisamo, une start-up soutenue par Michelin et spécialisée dans les voiles gonflables pour la propulsion de bateaux. Nous allons nous mobiliser pour accueillir d’autres projets, d’autres entreprises pour préserver l’activité industrielle sur ce site. Dans le cadre du projet ZAN (zéro artificialisation nette), un tel actif a de la valeur et nous saurons trouver des projets majeurs ici. Nous saurons mobiliser nos ressources pendant plusieurs années", ajoute le responsable des ressources industrielles.
L’usine Michelin Vannes est établie sur 15 hectares dont 5 hectares de bâtiments. Conformément à la loi Floranges, l’entreprise a 4 ans pour trouver un repreneur intervenant dans le domaine des activités métalliques. Si le fabricant de pneumatiques ne trouvait pas trouvé de solutions à cette échéance "c’est alors que nous déclencherions des mesures de recherche de revitalisation avec des projets qui viendraient s’installer", poursuit Xavier Pesche.