Alors que Carbios avait annoncé en décembre décaler une nouvelle fois la construction de son usine à Longlaville en Meurthe-et-Moselle, la biotech clermontoise, spécialisée dans le biorecyclage des plastiques en PET, fait face à une remise en cause de sa stratégie industrielle.
Plainte pour abus de biens sociaux et possible délit d’initier
Une partie des actionnaires minoritaires, regroupés au sein de l’Association de Défense de l’Intérêt Social des Entreprises Cotées de la Tech (ADISECT), dénonce le récent partenariat stratégique avec le groupe chinois Wankai, mais aussi la rémunération des dirigeants et une baisse des efforts de R & D… Une citation directe devant le Tribunal correctionnel de Lyon aurait été signifiée à Vincent Kamel, directeur général de Carbios, et à Isabelle Parize, présidente du Conseil d’administration, pour des faits susceptibles de qualification d’abus de biens sociaux après un dépôt de plainte. Un signalement à l’Autorité des marchés financiers d’un possible "délit d’initié" aurait également été déposé à l’encontre de Vincent Kamel.
Une campagne de déstabilisation ?
La direction de Carbios, de son côté, conteste les faits. Elle indique qu’une plainte pour "dénonciation calomnieuse" a été déposée et se trouve "entre les mains de Monsieur le Procureur près le tribunal judiciaire de Lyon". Elle évoque aussi une "campagne de déstabilisation", qui durerait depuis plusieurs mois. Dans un communiqué, la biotech précise que le Conseil d’administration, dont font partie des représentants de L’Oréal et Michelin, également actionnaires, réaffirme son entier soutien à la direction actuelle.