MaPrimeRénov', loi de finances 2026 : la fédération française du bâtiment "ne baisse pas la garde"
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MaPrimeRénov', loi de finances 2026 : la fédération française du bâtiment "ne baisse pas la garde"

Suspension de MaPrimeRénov', loi de finances 2026, alternative au Pinel… : dans un contexte budgétaire contraint, la Fédération française du bâtiment reste aux aguets sur les ajustements perpétuels du gouvernement pour revoir les dispositifs du secteur.

Olivier Salleron, président de la fédération française du bâtiment — Photo : Frédéric Gérard

Alors que l’activité du bâtiment reste morose en France, la profession s’emploie à maintenir des conditions de marchés et des dispositifs de soutien public favorables. Ce qui n’est pas chose aisée dans un contexte de réduction de la dette publique.

"Il a fallu monter la garde, et même commencer à taper du poing sur la table"

Ces derniers mois, "il a fallu monter la garde, et même commencer à taper du poing sur la table", témoigne ainsi Olivier Salleron, président de la Fédération Française du Bâtiment.

Le syndicat patronal a frémi quand le gouvernement a annoncé la suspension de MaPrimeRénov', cette aide financière mise en place par l’État pour soutenir les travaux de rénovation énergétique. La ministre du Logement Valérie Letard a fini par annoncer un rétablissement de MaPrimeRénov' pour la rénovation par gestes des logements, c’est-à-dire la réfection ciblée de son système de chauffage ou d’eau chaude sanitaire décarboné. Mais le dispositif est toujours mis en pause pour les rénovations d’ampleur à compter du 1er juillet et jusqu’au 15 septembre.

La suspension du dispositif, "c’était amener nos artisans et nos entreprises à mettre à un genou à terre, c’est-à-dire une liquidation pour une grande partie d’entre eux, déjà fragilisée depuis deux ans", explique Olivier Salleron.

Opposition au moratoire sur les énergies renouvelables

Autre combat majeur du syndicat patronal : s’opposer à l’amendement qui visait à instaurer un moratoire sur les projets photovoltaïques et éoliens, alors même que la filière photovoltaïque "emploie de nombreux installateurs et fonctionne efficacement depuis plusieurs années". Heureusement, l’amendement a été invalidé à l’Assemblée nationale. "Nous avons toute confiance pour que l’ensemble des industries des énergies renouvelables ne soit pas une nouvelle fois amendé négativement", note Olivier Salleron.

Négociations sur le projet de loi de finances 2026

Déjà engagée dans les négociations pour le projet de loi de finances 2026, la FFB reste pleinement mobilisée. Objectif : "Conserver les avancées de 2025" et éviter les "allers-retours", comme ceux sur MaPrimeRénov', qui a connu "14 versions différentes en 5 ans", rappelle Olivier Salleron. L’enjeu est donc de maintenir un budget d’au moins 2,3 milliards d’euros pour le dispositif, de le rouvrir aux rénovations globales dès septembre, et de renforcer la lutte contre les fraudeurs.

Sur la micro-entreprise, l’organisation patronale déplore le recul des députés sur l’abaissement de la franchise de TVA à 25 000 pour les micro-entrepreneurs du bâtiment. "Nous allons repartir au combat", prévient son président.

Responsabilité élargie du producteur : un "scandale d’État"

Parmi les autres points de vigilance du patron de la FFB, la Responsabilité élargie du producteur (REP), qui rend les entreprises mettant des produits sur le marché, responsables de la gestion de ces produits une fois arrivés en fin de vie. La fédération du bâtiment compte remettre sur la table le sujet pour la refondre et la simplifier. En attendant elle alerte sur un "scandale d’État " avec seulement 7 % de l’objectif récupéré sur le second œuvre.

Créer une alternative au Pinel avec le statut du bailleur privé

Mais la priorité principale de la FFB reste la mise en œuvre du statut du bailleur privé pour enrayer la chute de la construction locative privée constatée depuis six mois. "Il faut que cette alternative au Pinel soit créée, recréée, car ce sont 50 000 à 70 000 logements qui sont en jeu dès l’année prochaine", au risque sinon d’avoir une "une décroissance supplémentaire en 2026 et 2027" alors que la FFB espère une "inflexion de cette courbe pour retrouver un semblant de croissance en 2026-2027".

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