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Pas de vraie reprise attendue dans le bâtiment en 2026, selon la FFB
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Pas de vraie reprise attendue dans le bâtiment en 2026, selon la FFB

La Fédération française du bâtiment (FFB) vient de dévoiler ses prévisions pour l’année 2026. L’activité devrait progresser au total d’un peu moins de 2 % l’an prochain en volume… Mais en comparaison avec une année 2025 achevée sur un niveau d’activité très bas. Les destructions d’emplois devraient se poursuivre, avec 10 000 suppressions de postes attendues.

La FFB anticipe une hausse du marché du bâtiment de 1,8% en volume en 2026. Insuffisant pour relancer la filière selon la fédération, qui demande des mesures gouvernementales pour inciter les particuliers à investir — Photo : bogdanhoda

"La crise du logement n’en finit plus". Par ces mots, Olivier Salleron, président de la FFB, a ouvert mi-décembre la présentation des perspectives 2026 pour le marché du bâtiment dans l’Hexagone. Une crise qui fera "sûrement descendre un jour les Français dans la rue", selon le dirigeant de la Fédération française du bâtiment.

Moins de 300 000 constructions prévues, un niveau "trop faible"

Le marché du bâtiment attend toujours des signes de reprise. Il vient d’enregistrer pour la troisième année consécutive un recul d’activité… Et même si les prévisions tablent globalement sur une hausse du marché sur les 12 prochains mois, l’éclaircie reste modeste. "Le niveau de construction de logements sera encore faible, trop faible, en dessous de 300 000 logements construits en 2026, avec entre 290 000 et 296 000 unités environ", annonce Olivier Salleron.

Un marché global en hausse de 1,8 % selon les estimations

La FFB anticipe "un rebond sans vraie reprise du bâtiment", avec une progression attendue du marché de seulement 1,8 % (production de bâtiments en volume) par rapport à 2025.

Le logement individuel en progression

Dans le détail, le logement neuf devrait afficher une augmentation de + 9,5 % en volume. En poursuivant sur la lancée de 2025, où le sursaut du logement individuel a été aidé notamment par le prêt à taux zéro, conjugué à un taux d’intérêt stabilisé à un seuil acceptable, autour de 3,5 %.

Le logement individuel (+ 11,2 % ) devrait afficher une meilleure performance que le logement collectif (+ 7,5 %), en termes de volumes prévus. Tout comme en termes de permis de construire prévus (+ 14 % pour le premier, contre -7,2 % pour le second).

Le segment de "l’amélioration et entretien" du bâtiment devrait, lui, enregistrer un léger recul d’activité (-0,5 %).

Stabilisation du marché non résidentiel neuf, le marché des bureaux en recul

Concernant les bâtiments non résidentiels neufs, le marché se stabiliserait, avec une légère hausse de la production (de 0,5 % en volume). Sur ce segment, les différents marchés devraient aussi connaître des fortunes diverses, avec un recul marqué du côté des bureaux : -7 % de surfaces autorisées et quasiment -11 % de production en volume attendue l’an prochain. Des chiffres qui contrastent avec la bonne tenue d’autres marchés, comme celui des locaux commerciaux (+ 0,3 % de surfaces autorisées et + 15,7 % de production attendue en plus).

Sur la construction non résidentielle, peut-on espérer une inversion de la courbe vers le haut, en volume à court terme ? "Nous y croyons", estime Olivier Salleron, "plutôt en fin d’année 2026, sinon début 2027".

10 000 destructions d’emplois attendues

Le petit rebond attendu en 2026 ne permettra toutefois pas d’anticiper un retournement de l’emploi, prévient cependant la fédération du bâtiment. Salariés et intérimaires en équivalent temps plein confondus, l'organisation patronale anticipe une nouvelle baisse de 10 000 postes. Après 20 000 postes perdus l’an dernier, et 35 000 emplois déjà détruits entre 2022 et 2024.

Des mesures gouvernementales attendues pour relancer le marché

À noter que les prévisions de la fédération restent très mesurées, car réalisées "sans loi de finances incitative". L’organisation réclame donc au passage une action gouvernementale.

Concernant la rénovation des logements, le président de la FFB regrette par exemple "le détricotage" du dispositif d’aide MaPrimeRénov'. Et les récentes modifications en série façon "stop and go" qui lui ont été apportées : "Tout le monde est perdu aujourd’hui, les professionnels et les clients, qui ne savent parfois même plus si ça existe encore."


Mais la fédération attend surtout la mise en place d’un "statut du bailleur privé véritablement incitatif". Ce statut concernant les propriétaires bailleurs, pour leur permettre de bénéficier d’un avantage fiscal. Les débats au Parlement, à l’occasion du projet de budget 2026, ont déçu les professionnels de la FFB. Pour rappel, Le statut de bailleur privé, tel que récemment adopté au Sénat, prévoit un amortissement fiscal de 3,5 % par an pour un investissement dans un logement neuf à loyer intermédiaire, de 4,5 % pour un logement social et de 5,5 % pour un logement très social. Le tout dans la limite de 80 % de la valeur du bien et de 8 000 euros par an, et ce pour deux logements maximum.

"Des milliers d’opérations sont aujourd’hui bloquées en France"

Pour le président de la FFB, un statut de bailleur privé plus incitatif s’impose pour avoir un fort effet levier. "Des milliers d’opérations sont aujourd’hui bloquées en France, malgré des permis de construire déjà accordés, constate Olivier Salleron. Avec un statut plus incitatif, nous pourrions peut-être assister à une hausse rapide des mises en chantiers d’ici 3 à 4 mois, qui annoncerait une véritable relance de la construction et de l’immobilier…"

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