Pays de la Loire
"400 entreprises sont à la recherche de repreneurs dans les Pays de la Loire"
Interview Pays de la Loire # Activités juridiques et comptables # Transmission

Damien Jussiaume dirigeant associé et Alexia Simon "400 entreprises sont à la recherche de repreneurs dans les Pays de la Loire"

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La 5e édition des Rencontres de la transmission, organisée par le cabinet d’expertise comptable In Extenso Ouest Atlantique, en partenariat avec la Chambre de Métiers, le Crédit Mutuel et le Crédit Agricole, est l’occasion de revenir sur le marché des cessions-acquisitions dans la région, avec Damien Jussiaume, dirigeant associé et Alexia Simon, responsable transmission chez In Extenso Ouest Atlantique.

Damien Jussiaume, dirigeant associé en charge de la Transmission chez In Extenso Ouest Atlantique et Alexia Simon, responsable Transmission — Photo : In Extenso Ouest Atlantique

Quelles observations portez-vous sur le marché de la transmission d’entreprise dans les Pays de la Loire ?

Damien Jussiaume : Avec 88 opérations enregistrées en 2024 contre 57 en 2023, les Pays de la Loire réalisent la meilleure performance de leur histoire, si l’on excepte 2021, l’année de rattrapage post-Covid. La transmission est un enjeu majeur dans les Pays de la Loire, où 400 entreprises sont actuellement à la recherche de repreneurs. Parmi celles-ci, près de 20 % appartiennent au secteur du bâtiment, 20 % aux métiers de bouche et 20 % aux services à la personne.

Le cœur du marché se concentre sur les entreprises de 3 à 50 salariés, disposant d’un fort savoir-faire artisanal, de vraies compétences. Pour les repreneurs, il y a là des pépites à reprendre.

"Seulement un tiers des repreneurs commençant un parcours de reprise le finissent"

Face à ces entreprises à reprendre y a-t-il des repreneurs ?

Alexia Simon : De nombreux repreneurs se positionnent sur des entreprises du territoire. Toutefois, si les transmissions s’opèrent de manière relativement fluide dans le BTP, notamment dans la menuiserie, l’agencement ou encore la plomberie, la situation est plus difficile dans le secteur alimentaire.

Par ailleurs, seulement un tiers des repreneurs commençant un parcours de reprise le finissent. Deux tiers d’entre eux renoncent faute de trouver leur cible ou pour redevenir salariés.

"Les cédants ne sont plus seulement des dirigeants partant à la retraite. Il y a un vrai ras-le-bol des chefs d’entreprise devant les difficultés économiques qui s’accumulent, les évolutions du management…"

Quel est l’impact du contexte économique, actuellement compliqué ?

D. J. : Cet environnement que je qualifierais d’impermanent a plusieurs effets. Les entreprises à céder ne peuvent plus être valorisées comme il y a deux ou trois ans. Les critères essentiels sont liés à leur rentabilité actuelle et attendue, à pondérer avec des éléments, tels que le portefeuille clients… Par ailleurs, on note un accroissement du nombre de vendeurs. Les cédants ne sont plus seulement des dirigeants partant à la retraite. Il y a un vrai ras-le-bol des chefs d’entreprise devant les difficultés économiques qui s’accumulent, les évolutions du management…

Quels conseils donneriez-vous aux cédants et aux repreneurs ?

A. S. : Nous conseillons aux cédants d’anticiper la transmission de l’entreprise 5 à 10 ans à l’avance en faisant preuve d’innovation, par exemple, en travaillant sur l’actionnariat salarié, en faisant monter des collaborateurs ayant des compétences à hauteur de 25 ou 30 % du capital. Cela permet de structurer l’entreprise dans la perspective de la cession avec plusieurs avantages : une entreprise bien structurée se développe mieux, un capital partagé allège le financement bancaire pour le repreneur, cela préserve la santé mentale du dirigeant qui n’a pas à porter seul le poids de l’entreprise et de sa transmission…

"Reprendre une entreprise, c’est un parcours du combattant qui s’étend sur au moins neuf mois minimum"

D. J. : Le marché de la transmission est caché. La clé pour les repreneurs, c’est donc le réseau. Il faut faire savoir qu’on cherche à reprendre une entreprise, chasser les potentiels cédants, bien s’imprégner de la culture du territoire, être conscient qu’il n’est pas donné à tout le monde d’être entrepreneur et procéder par étapes. Reprendre une entreprise, c’est un parcours du combattant qui s’étend sur au moins neuf mois minimum. Et, bien sûr, il est recommandé de se faire accompagner par des spécialistes de la transmission.

Pays de la Loire # Activités juridiques et comptables # Transmission # Écosystème et Territoire # ETI