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Industrie, services, BTP : les chefs d’entreprise normands optimistes pour 2026
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Industrie, services, BTP : les chefs d’entreprise normands optimistes pour 2026

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Les chefs d’entreprise normands tablent sur une augmentation de leur chiffre d’affaires en 2026. C’est ce que révèle l’enquête annuelle de la Banque de France. L’augmentation de l’activité n’aurait en revanche qu’un impact limité sur l’emploi. Et les perspectives d’investissement restent incertaines.

C’est dans le secteur de la construction que les prévisions d’investissement sont les plus pessimistes, prévoyant une chute de 15 % en 2026 — Photo : A. Frank/peopleimages.com

Les industriels normands s’attendent à un regain d’activité en 2026. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle de la Banque de France, menée auprès de 2 039 entreprises locales. Cette année, les industriels tablent sur 3,4 % de croissance, alors que leur chiffre d’affaires a reculé en moyenne de 0,7 % en 2025.

Le secteur le plus optimiste est celui de la fabrication de matériels de transport. En Normandie, les industriels tablent sur 6,3 % de croissance, portée principalement par l’aéronautique et le spatial. De son côté, l’automobile prévoit encore une baisse de chiffre d’affaires, le secteur étant plombé par le coût des matières premières et la baisse des immatriculations. La méforme de l’automobile a généré en 2025 une forte baisse de l’activité de l’industrie du transport en Normandie (-3,4 %).

Les équipements électriques et électroniques ont aussi vu leur activité chuter en 2025 (-2,1 %), affectés par des carnets de commandes insuffisants, des problèmes d’approvisionnement et le coût élevé des matières premières. L’année 2026 leur semble plus favorable, les industriels tablant sur une progression de leur chiffre d’affaires de 4,3 %.

Pour la production de verre, caoutchouc, plastique, l’optimisme est là en 2026, avec une progression du chiffre d’affaires attendue de 5,8 %.

Dans l’agroalimentaire, l’un des rares secteurs à avoir connu une hausse de l’activité en 2025, l’embellie se poursuivra en 2026, mais à un rythme moins soutenu du fait de la hausse des droits de douane chinois annoncée fin 2025.

Sur la rentabilité de leur entreprise, si 72 % des dirigeants déclaraient une hausse, voire une stabilité de leur structure en 2025, ils sont 86 % (soit 14 points de plus) à être optimistes.

Stabilité des effectifs dans l’industrie

L’amélioration attendue du chiffre d’affaires de l’industrie en Normandie ne devrait toutefois pas créer des emplois. En 2026, les effectifs industriels devraient rester stables. Ils avaient reculé de 0,5 % en 2025, avec une chute de 6,5 % du personnel intérimaire.

Des perspectives d’investissements incertaines

Face aux incertitudes internationales et nationales, les industriels normands hésitent à investir. Les investissements devraient croître de 0,5 %, après une forte baisse en 2025. Selon la Banque de France, les industriels normands ont investi en volume 16 % de moins l’an passé qu’en 2024.

Le secteur marchand résiste

Les chefs d’entreprise des services marchands sont, eux aussi, optimistes. Pour 2026, ils anticipent une progression du chiffre d’affaires (+ 2,3 %) plus forte que la hausse des prix (+ 1,5 %). Tous les secteurs devraient connaître cette croissance, qui serait plus marquée dans le secteur de l’information-communication (+ 6,7 %).

En 2025, les entreprises des services ont moins souffert que les industriels, avec un chiffre d’affaires en hausse de 1,9 %. Les effectifs du secteur en 2025 ont suivi exactement la croissance de l’activité (+ 1,9 %). Pour 2026, les dirigeants sont plus réservés quant à leurs recrutements, envisageant une augmentation de 0,5 % de leurs effectifs.

Mais ce secteur affiche une belle confiance : 93 % des chefs d’entreprise anticipent une hausse ou une stabilité de la rentabilité en 2026 (+ 22 points en un an).

Reprise annoncée de la construction neuve

Les 702 entreprises normandes du secteur de la construction, qui ont répondu à l’enquête prévoient une hausse de 1,2 % de leur activité. Mais vu qu’elle sera à peu près identique à celle de leur prix de vente, l’activité serait relativement stable. En termes d’activité, ce sont les travaux publics qui ont compensé (+ 2 %) la baisse connue dans le bâtiment. Le léger rebond des logements neufs en 2025 (+ 8,4 % de mises en chantier) a aidé l’activité du bâtiment, sans être toutefois suffisant pour une vraie dynamique. Seuls les travaux publics ont connu une bonne dynamique en 2025 (+ 0,7 %), avec une augmentation des prix de vente de 0,8 %.

Pour 2026, l’ensemble des professionnels est optimiste, avec une reprise de la construction neuve annoncée : le nombre de logements autorisés augmente de 15 %, retrouvant le niveau de 2018. Les effectifs seront en légère hausse (+ 0,9 %), les trois secteurs du gros oeuvre, du second oeuvre et des travaux publics prévoyant de recruter.

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