En Mayenne, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) alerte sur l’attentisme ambiant qui pèse sur l’économie locale. Dans le non résidentiel, "que ce soit dans l’industrie ou le tertiaire, le nombre de demandes de permis de construire est en baisse (-35,6 % en août 2025 chiffré sur douze mois). Cela peut s’expliquer par le fait que de nombreux projets ont été menés ces dernières années notamment dans l’agglomération et le quartier de la gare à Laval. Mais nous voyons aussi que l’instabilité politique en France entraîne un attentisme, et que ce n’est pas positif, car cela ne concerne pas seulement le bâtiment mais beaucoup d’acteurs économiques", commente le président de la FFB Mayenne Christophe Marchand.
Dans le secteur public, la baisse (-16,8 %) était davantage prévisible alors que se profilent les municipales de mars 2026. "L’approche d’élections provoque toujours un ralentissement des projets", rappelle Christophe Marchand.
Le neuf actuellement en hausse
Si des projets sont actuellement mis en suspens, on dénombre davantage de chantiers en cours, que ce soit dans le privé (+ 5,8 %) ou le public (+ 19,2 %).
Actuellement, la construction de 1 200 logements est lancée dans le département. Sur ce marché, Christophe Marchand souligne néanmoins "le temps de latence" qu’il y a entre les autorisations de construire (+ 10,6 %) et les mises en chantier (-2,1 %), du côté des particuliers. La tendance est inverse dans le collectif, avec des chantiers en cours plus nombreux (+ 17 %) mais des demandes de permis en baisse (-8,5 %) ; là encore, sous l’influence des perspectives électorales.
Stabilisation de l’emploi
Cet état des lieux a de quoi faire relativiser les Mayennais. La FFB rappelle qu’avec 287 000 projets de logements neufs en cours, le marché en France a atteint "un plus bas historique", entraînant la suppression de 30 000 emplois au premier semestre 2025.
"L’emploi dans le BTP se stabilise en Mayenne, avec plus de 7 650 salariés (-0,4 % par rapport au second semestre 2024). Le ralentissement se ressent surtout avec un moindre recours à l’intérim, ces dernières semaines", note Christophe Marchand. Et d’ajouter : "Nous avons aussi des entreprises dont la problématique principale reste le recrutement."
Relancer MaPrimeRénov
Pour déclencher les projets de travaux mis entre parenthèses, la FFB 53 réclame des mesures incitatives. En particulier auprès des particuliers. Dans le cadre du projet de loi de Finances (PLF) 2026, la fédération demande ainsi le maintien du prêt à taux zéro, et "plus de stabilité et de cohérence" pour le dispositif MaPrimeRénov. "Depuis janvier 2020, nous en sommes à la 16e réforme. C’est illisible pour les clients et décourageant pour les porteurs de projet", déplore Christophe Marchand. Il juge "scandaleuse" par ailleurs "l’exclusion des travaux d’isolation ou des chaudières biomasse des monogestes couverts par MaPrimeRenov". Qui, selon lui, "va pénaliser les gens qui rénovent progressivement leur logement, et de manière vertueuse."
Instaurer le statut de bailleur privé
La FFB se félicite que le nouveau ministre du Logement Vincent Jeanbrun ait annoncé vouloir déposer un amendement au PLF 2026 sur le statut du "bailleur privé". "C’est une reconnaissance que nous défendons pour inciter les acteurs privés mais aussi les particuliers à investir dans l’habitat", commente le président de la fédération mayennaise.
Une batterie de leviers fiscaux est soumise à la réforme : amortissement du bâti et des gros travaux sur 20 ans à 5 % l'an, revalorisation du plafond d’imputation du déficit foncier sur le revenu global à 40 000 euros, déductibilité sans limite des intérêts d’emprunt, etc.
Le particulier pèse davantage en Mayenne
"Dans un département comme le nôtre, avec des loyers moins élevés que dans les grandes agglomérations et des localisations peu attractives pour les gros bailleurs sociaux, avec des zones de population peu denses, les investissements dans les logements ne se feront pas sans incitations fiscales, fait valoir Christophe Marchand. Aider les gens à créer des logements, c’est aussi accompagner les entreprises de notre territoire qui recrutent et ont besoin de pouvoir loger leurs nouveaux salariés à proximité."
En Mayenne, les ménages détiennent une proportion plus importante du parc logement (60 %) qu’au niveau national (55 % contre 42 % pour les bailleurs sociaux).