France
En grande difficulté, le bâtiment demande de nouvelles mesures pour se donner une bouffée d’oxygène
France # BTP # Conjoncture

En grande difficulté, le bâtiment demande de nouvelles mesures pour se donner une bouffée d’oxygène

S'abonner

Face à la crise qui touche durablement le secteur, la Fédération française du bâtiment demande au prochain gouvernement plusieurs mesures dans le projet de loi des finances 2025. La production de bâtiments pourrait reculer de 5,5 % sur l’année et les remontées du terrain ne sont pas optimistes.

Seulement 260 000 logements neufs devraient être construits en 2024 — Photo : Virginie Monvoisin

On n’a peut-être jamais aussi peu construit d’habitations depuis la fin des années 50 ! La Fédération française du bâtiment (FFB) vient de tirer - une nouvelle fois - la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse. Et son constat est sans appel : "La crise du logement neuf ne se dément pas".

-13,4%

Les mises en chantier ont en effet baissé de 13,4 % en glissement annuel sur sept mois à fin juillet "ce qui confirme une tendance 2024 aux environs de 260 000 logements". Les permis eux aussi reculent de 9,9 % "ne laissant pas espérer de rebond prochain".

La promotion immobilière n’est guère mieux lotie. Entre les premiers semestres 2023 et 2024, les ventes totales des promoteurs se replient encore dans environ la moitié des régions, particulièrement en Corse (-45,7 %), Normandie (-24,6 %) et dans les Hauts-de-France (-22,5 %). À l’opposé, Grand Est (+ 20,7 %) et Pays de la Loire (+ 21,7 %) progressent fortement. Les ventes de maisons individuelles, quant à elles, pourraient avoir atteint "leur point bas", positive la FFB.

Les bâtiments administratifs sortent de terre

Si le non-résidentiel neuf reste "à son plus bas historique avec une tendance à un peu plus de 21 millions de m² commencés sur 2024", le recul des surfaces mises en chantier et autorisées ralentit avec une baisse de 6,9 % et 2 % sur les sept premiers mois de 2024 rapportés à la même période de 2023. Les constructions de bâtiments administratifs augmentent, avec en ligne de mire les élections municipales de 2026 qui permettent à des chantiers de sortir de terre : les surfaces commencées progressent de 11,7 % en glissement annuel sur trois mois à fin juillet. Ce n’est pas le cas pour les locaux industriels et commerciaux.

La rénovation énergétique en berne

Alors qu’elle continue de croître, l’activité en amélioration-entretien se tasse avec une "modeste hausse de 1,1 % hors effet prix" entre les deuxièmes trimestres 2023 et 2024. La faute, argumente la FFB, à "la réforme ratée de MaPrimeRénov' tout début 2024". Malgré l’assouplissement de ce dispositif au printemps dernier, "la rénovation énergétique n’a progressé que de 0,4 %" détaille-t-elle et "les remontées de terrain ne laissent guère espérer d’accélération d’ici la fin d’année".

Les défaillances ralentissent, l’emploi se dégrade toujours

Une petite éclaircie est peut-être à chercher du côté des défaillances d’entreprises qui résistent tant bien que mal même si la situation est très fragile. Après une progression de 45 % en glissement annuel sur les quatre derniers mois de l’année 2023, ces défaillances sont "seulement" en hausse de 30 % sur les huit premiers mois de 2024. Côté emploi, le bâtiment a perdu 28 000 emplois entre les premiers semestres 2023 et 2024. Mais, au regard du contexte, la Fédération française du bâtiment redoute une accélération sur le second semestre qui pourrait porter le recul des embauches entre 40 000 et 50 000 rien que sur cette année.

Quatre mesures réclamées

Les baisses de l’inflation et des taux d’intérêt immobilier pourraient-elles alors relancer la machine ? Ce serait "un pari dangereux" d’attendre leurs effets, estime la FFB qui demande au prochain gouvernement Barnier de mettre en œuvre des mesures "simples" dans le prochain projet de loi de finances 2025 : le rétablissement du Prêt à Taux Zéro (PTZ) universel, la prorogation du dispositif "Pinel", le maintien en 2025 des aides à la rénovation énergétique et notamment MaPrimeRénov' ainsi qu’un "un arrêt de la surenchère réglementaire".

France # BTP # Bâtiment # Conjoncture # Syndicats patronaux