Des signes timides de reprise malgré une crise persistante pour le secteur du bâtiment en France
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Des signes timides de reprise malgré une crise persistante pour le secteur du bâtiment en France

Malgré des mesures incitatives comme le prêt à taux zéro, le secteur du bâtiment en France peine à se redresser. Avec un chiffre d'affaires en baisse et une crise du logement neuf toujours présente, les perspectives restent moroses, assure la Fédération Française du Bâtiment (FFB).

Avec un chiffre d'affaires de 208 milliards d'euros en 2024, contre 215 milliards l'année précédente, le secteur du bâtiment subit de plein fouet la crise du logement neuf — Photo : Seiji 345

La période reste morose pour le bâtiment en France. Même si une "éclaircie a eu lieu", selon le président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) Olivier Salleron, grâce à un budget 2025 plutôt favorable et à des mesures comme le prêt à taux zéro, qui commencent à produire leurs effets.

L'impact de la crise du logement neuf

Il faut dire que le secteur partait de très bas, après près de deux ans de baisse continue. Avec un chiffre d'affaires de 208 milliards d'euros en 2024, contre 215 milliards l'année précédente, le secteur du bâtiment subit de plein fouet la crise du logement neuf.

Si "le redressement du logement neuf se confirme", selon la FFB, il reste toutefois "à très bas niveau", avec une estimation de seulement 270 000 unités en rythme annuel pour 2025. Ce, malgré l'entrée en vigueur du prêt à taux zéro depuis le 1er avril et des taux d'intérêt qui restent "acceptables pour les investisseurs".

"La véritable sortie du logement neuf n'est pas présente et reste à espérer et à booster, à rebooster"

Pour la FFB, "la véritable sortie du logement neuf n'est pas présente et reste à espérer et à booster, à rebooster", notamment grâce au statut du bailleur privé.

Si le non-résidentiel neuf commence lui aussi à "sortir de l'ornière", le redémarrage reste très limité, avec seulement environ 5 % de surfaces autorisées supplémentaires attendues d'ici la fin de l'année.

Le marché de la rénovation en repli

Autre source d'inquiétude, le repli de l'activité amélioration entretien. "En logement comme en non résidentiel, on est en global à moins 1,2% si l'on compare les deux premiers trimestres 2024 et 2025". En cause ? Une rénovation énergétique, notamment du logement, à la peine, et des perspectives pour 2025 encore négatives au second semestre.

L'occasion pour Olivier Salleron de revenir sur les quatre mois d'arrêt de MaPrimeRénov' en 2024 et à la complexification conséquente à la création de mon accompagnateur rénov. Des mesures et des effets négatifs qui "tirent le marché vers le bas". "Cette instabilité, cette indécision, ce stop-and-go permanent fait beaucoup de mal dans la confiance des ménages et dans la confiance de nos artisans ou entreprises".

Des emplois mis au pas

Mettant également en avant la faible progression sur le non-résidentiel, à plus de 2%, le patron de la FFB constate le recul de l'emploi dans le bâtiment. "A la fin, c'est toujours l'emploi et les entreprises qui trinquent", prévient-il. Si le secteur était "en sureffectif l'année dernière", les entreprises réorganisent leur activité et réajustent le tir par rapport à leur chiffre d'affaires et leur carnet de commandes, avec la suppression de "33 000 postes" à date, "soit 2% de l'effectif", dont 25 000 salariés.

Un premier constat qui confirme l'estimation de départ de 50 000 salariés supprimés en 2025.

Stabilisation des défaillances attendue en 2025

Le président met également en garde contre le niveau de défaillances d'entreprises qui "redevient supérieur au niveau 2016-2019" pour arriver "pratiquement dans les temps de crise entre 2010 et 2015".

Après la perte de 14 000 unités en 2024, il parie sur "une stabilisation" des faillites cette année, avec notamment une progression chez les petites entreprises d'un à cinq salariés et toujours un haut niveau pour les entreprises jusqu'à 20 salariés.

Les marges des entreprises du bâtiment s'érodent

Autre source d'inquiétude : l'érosion de la marge opérationnelle des entreprises, avec une baisse estimée à 0,5 %, due à la diminution des prix du bâtiment combinée à la hausse des coûts, selon les chiffres de l'Insee. "Cela risque de s'amplifier", prévient encore Olivier Salleron, pointant la poursuite de la baisse des prix et "beaucoup d'incertitudes sur la suite". "Les marges ne se reconstituent pas, donc les trésoreries vont en pâtir, et l'investissement aussi", conclut-il.

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