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Les budgets accordés aux hausses de salaires en légère baisse en 2024
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Les budgets accordés aux hausses de salaires en légère baisse en 2024

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Demeurant supérieures à l’inflation et aux niveaux d’avant-crises, les hausses de salaires sont toutefois en baisse en 2024. Selon une étude du cabinet Deloitte, cette tendance risque de s’accentuer en 2025.

Les hausses de salaires sont plus faibles en 2024 — Photo : HJBC

Les hausses de salaires sont restées supérieures à l’inflation et aux niveaux d’avant-crises mais les budgets dédiés sont en légère baisse par rapport à 2023, selon une étude du cabinet Deloitte. Basée sur l’analyse de plus d’un million de données individuelles issues de plus de 300 entreprises, cette étude pointe aussi le développement d’un recours exclusif aux augmentations individuelles.

Des hausses moins fortes de salaires et un essoufflement de la prime de partage de la valeur

En 2024, les salaires des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM) ont augmenté de 3,5 % (-1,1 point par rapport à 2023) et de 3,4 % pour les cadres (-0,6 point). Ce recul des augmentations est lié à plusieurs facteurs selon Deloitte qui cite le ralentissement de la croissance, de l’inflation et de l’évolution du Smic et la stabilité du taux de chômage. En 2024, les augmentations exclusivement individuelles ont concerné 34 % des entreprises (+ 9 points par rapport à 2023) pour les OETAM et 51 % des entreprises pour les cadres (+ 12 %).

Autre levier permettant d’augmenter la rémunération des salariés, la dynamique de la prime de partage de la valeur s’essouffle. 24 % des entreprises comptent la verser en 2024, contre 53 % en 2023. Cette tendance confirme les chiffres communiqués pour le premier trimestre 2024 par l’Insee. Sur la période les entreprises avaient versé seulement 490 millions d’euros contre 1,2 milliard d’euros sur la même période en 2023.

La féminisation des cadres dégrade les écarts salariaux

L’intégration de femmes chez les cadres confirmés augmente de 2 % et de 7 % chez les cadres supérieurs. Mais cette tendance s’accompagne également d’une "détérioration des écarts salariaux femmes/hommes (3,8 % vs 2,6 % en 2023) pour retrouver les niveaux de 2022", indique Deloitte. Ces écarts salariaux "se cumulent ainsi avec des écarts liés à la filière métier".

+ 4 %

En tendance opposée, l’écart de salaires entre les régions poursuit son léger recul. L’écart de rémunération est de + 4 % à la faveur de l’Île-de-France par rapport aux autres régions, contre 4,7 % en 2023. Selon Deloitte, "la réduction de cet écart se poursuit en lien avec des politiques nationales de gestion des talents, sur fond de généralisation du télétravail et de mobilité professionnelle géographique".

Prudence pour 2025

Face au contexte macroéconomique, les prévisions d’augmentation pour 2025 sont "prudentes et en léger recul", atteignant 3 % pour l’ensemble des catégories socioprofessionnelles.

En matière de pratiques, l’introduction des directives européennes CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et sur la transparence des rémunérations (Pay transparency) "vont conduire les entreprises à reconsidérer leurs pratiques en termes de structure et de niveaux de rémunération (salaire décent), de transparence (en interne et en externe) ainsi que d’égalité salariale".

Certaines entreprises ont déjà adopté ces pratiques, à l’instar de Yousign en Normandie qui affiche la transparence des salaires ou encore de Michelin, qui a annoncé la mise en place du salaire décent.

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