On ne sait pas de quoi demain sera fait, mais Allianz Trade en a peut-être une petite idée. Dans une étude publiée ce 1er octobre, le leader mondial de l’assurance-crédit s’est penché sur les contours de ce que pourrait être l’économie mondiale entre 2024 et 2026.
Dynamique en Europe
Une bonne nouvelle : la croissance internationale resterait stable "mais pas exceptionnelle" à + 2,8 %. Ce chiffre s’explique notamment par la bonne santé, cependant timide, de l’économie américaine. Celle-ci ralentit et demeure sous la menace d’une récession. Mais elle reste, pour le moment, le principal soutien de l’économie mondiale. En Europe, "la dynamique s’installe progressivement hormis en Allemagne qui sortira de la récession à la fin de l’année". C’est plus compliqué en Chine marquée, entre autres, par une crise de la demande intérieure.
Inflation sous contrôle, budgets serrés
En forte baisse en France comme dans la zone euro, l’inflation devrait se limiter à + 2 % au premier semestre 2025. Elle est maîtrisée en partie grâce aux prix du pétrole qui pourraient "rester inférieurs à 80 dollars le baril en 2025-2026 en l’absence d’une reprise plus forte de la demande et d’un choc de l’offre", indique le document.
Il précise aussi que "l’inflation des services s’atténue légèrement, sous l’effet de la décélération des salaires". Conséquence : l’assouplissement progressif des banques centrales devrait se poursuivre "jusqu’à ce que les taux terminaux soient atteints l’année prochaine".
En revanche, du côté budget des États, l’austérité est de mise. Le sujet "sera le grand tabou car il représente un frein à la croissance du PIB d’environ -0,3 % jusqu'en 2027 tant aux États-Unis qu’en Europe", détaille Allianz Trade. Les choix politiques semblent plutôt privilégier des hausses d’impôts, principalement pour les entreprises, plutôt que la réduction des dépenses.
Les défaillances d’entreprise se calment en 2025
Du côté des salaires, ils augmentent doucement ce qui améliore le pouvoir d’achat des consommateurs. Mais leur croissance devrait se normaliser d’ici 2025, "parallèlement au refroidissement des marchés du travail". Et lié au fait que certaines entreprises "auront réduit leurs réserves de main-d’œuvre", surtout dans l’alimentation, l’automobile, les matériaux, machines et équipements.
Les entreprises, justement, se redressent en puisant dans leurs stocks, ce qui a provoqué une croissance de revenus et de bénéfices. Mais le fossé USA-Europe est bien réel. En dépit d’une légère amélioration, les investissements en capital fixe de la zone euro sont tombés à 7 % en dessous des niveaux d’avant la pandémie, ce qui n’est pas le cas chez les Nord-Américains et les Britanniques. L’étude révèle également que les défaillances majeures ont continué à s’accélérer "principalement dans le commerce de détail, la construction et les services". Allianz Trade prévoit que ces défaillances vont croître de 10 % en 2024 et 1 % en 2025. Enfin, les volumes du commerce mondial augmenteront d’environ 3 % en 2025-2026.
Le scénario du pire
Tout cela reste, bien sûr, soumis aux aléas géopolitiques. L’élection de Trump aux USA, qui raviverait le protectionnisme américain, l’incertitude politique dans de nombreux pays européens et les conflits en Ukraine ou au Moyen-Orient peuvent bousculer ces prévisions. Si la situation dégénère un tant soit peu, il n’est pas impossible que la croissance mondiale baisse de 1,5 point de pourcentage. Avec un effet direct : le maintien des taux d’intérêt élevés à "un niveau plus élevé pendant plus longtemps".