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Food truck : Le concept s'installe à Angers
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Food truck : Le concept s'installe à Angers

Restauration Depuis deux ans, des camions restaurants fleurissent en France. Venu des États-Unis, le concept a donné des idées à plusieurs Angevins.

Marie-Line Garcin fait figure de pionnière à Angers et dans l'Ouest. Cette énergique quarantenaire à la créativité débordante s'est lancée sur le marché de la restauration semi-gastronomique de rue en janvier dernier. Avec son petit camion aux couleurs noire et rouge, elle s'installe dans un lieu différent chaque midi et vend des burgers maison élaborés à partir de produits frais. Inspirés des cantines ambulantes et de la « street food » américaines, les food trucks ont traversé l'Atlantique fin 2011. « En France, c'est la chef américaine du Camion qui fume qui a importé la première le concept en s'installant à Paris, explique Marie-Line Garcin. Quand j'ai créé Little Food Truck, j'étais la seule à Angers, maintenant nous sommes cinq. » L'idée a de quoi séduire : travailler des produits frais, aller à la rencontre de la clientèle, élaborer sa carte et surtout être indépendant... Autant de motivations communes aux propriétaires des cinq trucks angevins : Little Food Truck et L'Épié dans le plat qui proposent des burgers bistronomiques, Street Food Girl dont les sandwichs américains sont faits maison, Truck à part qui fait des galettes garnies gastronomiques et Monsieur fait des woks que l'on retrouve le mercredi au marché La Fayette sur une note plus asiatique. Dans la région Ouest, le concept se développe rapidement. Il en existe un à Nantes, tout comme auMans et à Saint-Nazaire. À Rennes, deux camions ont récemment ouvert.




Un moyen de se reconvertir

Pour la plupart, il s'agit d'une reconversion avec l'envie d'être à son compte et de proposer aux clients une nourriture de qualité. Tous travaillent avec des producteurs locaux et des produits frais. Marie-Line Garcin, Cathy Risse (Street Food Truck) et Mathieu Épié (L'Épié dans le plat) font faire leur pain par un boulanger de leur connaissance, vont chercher leur viande chez le boucher et, pour les filles, préparent leurs frites maison chaque matin. Cuisinier de métier, Christophe Cochard, du Truck à part, cherchait à revenir à son métier de coeur : « Je vais au MIN chaque matin et je choisis mes produits au gré de mes inspirations pour élaborer mes recettes, comme la galette à l'andouillette poêlée à la fondue d'oignon au miel. » Entre la préparation, la vente sur leurs emplacements chaque midi et le nettoyage, les journées de travail sont intenses. Mais tous apprécient leur activité, surtout lorsqu'ils ont de bons retours des clients séduits par leurs produits. Seul Mathieu Épié a choisi un modèle un peu différent : « Je n'ai pas d'emplacement fixe chaque semaine, car je préfère me concentrer sur l'événementiel et faire plus de chiffre d'affaires sur de plus courtes périodes. » En pleine reconversion, le jeune homme envisage plutôt son food truck comme un complément d'activité.




Un investissement important

L'engouement actuel, lié sans doute au coût moindre par rapport à un véritable restaurant, ne doit pas faire oublier que cette activité reste un business qui se prépare. « Beaucoup se lancent très rapidement, sans réellement faire d'étude de marché, constate Marie-Line Garcin. Si l'on achète un camion comme le mien, neuf, l'investissement peut être très lourd, de 35.000 à 60.000 € selon la taille et l'équipement. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas se lancer à la légère. » Les quatre propriétaires interrogés ont tous choisi d'acheter leur véhicule d'occasion, parfois tout équipé ou bien en l'équipant eux-mêmes, pour un investissement compris entre 10.000 et 25.000 €. Si grâce à l'événementiel, le food truck de Mathieu Épié est rapidement devenu rentable après son lancement en juin, installer une activité pérenne sur des emplacements fixes se fait plus lentement pour les autres. « J'ai commencé à la mi-juin et je n'atteins pas encore tous les jours mon objectif de 20 à 25 sandwichs chaque midi, explique Cathy Risse. Par contre, ma progression est constante, donc je reste confiante pour la suite. » Même constat pour Marie-Line Garcin qui vend aujourd'hui une trentaine de burgers chaque midi, avec une progression qui ne se dément pas. Aucun ne vise de salaire mirobolant. Trouver des emplacements reste leur premier souci. « Les mairies, qui craignent la grogne des restaurateurs, soutiennent peu ces initiatives », explique Marie-Line Garcin. Quant à Cathy Risse et Christophe Cochard, ils évoquent plutôt le manque de connaissance du concept qui rend souvent difficile l'installation, notamment dans les parkings privés.

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