Située au fond de la zone d’activité de Bischwiller (Bas-Rhin), l’entrée du Labo Dumoulin n’est pas simple à trouver. Les dizaines de palettes de contenants en verre entreposées devant l’entrée servent de repère, mais l’entreprise de fabrication de kéfir, cette boisson à base de fruits et de produits fermentés, est à l’étroit dans ses locaux. "Ils sont devenus trop petit face à la croissance de notre activité ces dernières années", explique Aurélien Fabas, co-fondateur de l’entreprise avec Sylvie et Pascal Dumoulin.
La SAS, lancée en 2019 sous la raison sociale LLD & Cie, emploie une dizaine de salariés. Comme en 2023, où le Labo Dumoulin affichait un chiffre d’affaires d’un million d’euros, cette année 2024 devrait se terminer par "une croissance d’environ 50 % du chiffre d’affaires", selon Aurélien Fabas.
Le leader du marché du kéfir
En novembre, le Labo Dumoulin a travaillé avec le "panéliste" Nielsen pour créer la première base de données autour du marché des boissons fermentées en France. Résultat : 64 % des parts de marché dans la gamme des kéfirs de fruits sont occupées par le Kéfir de Sylvie, le produit du Labo Dumoulin. "Nous produisons dans nos ateliers près de 10 000 litres de kéfir par semaine", indique Aurélien Fabas.
"Il faut démocratiser le kéfir de fruits"
De faibles quantités à première vue, mais qui s’avèrent en réalité importantes pour ce marché naissant : seulement un magasin sur dix propose du kéfir de fruits dans ses rayons en France. "Nous n’en sommes encore qu’au début de l’histoire. Aujourd’hui, une partie de notre quotidien consiste encore à aller faire du porte à porte pour démarcher les magasins et présenter nos produits. Il faut démocratiser le kéfir de fruits", constate le co-fondateur.
Pour le moment, les produits du Labo Dumoulin sont distribués dans plus de 2 000 points de ventes à travers la France dans des enseignes spécialisées en produits bio, chez des indépendants et dans certaines grandes surfaces. "Le marché est là, et il peut exploser à tout moment au vu de la tendance de la demande", assure Aurélien Fabas.
Selon les données récoltées par Nielsen, la valeur du marché du kéfir de fruits a augmenté de 35 % pour dépasser 1,5 million d’euros en 2024. Ce marché des boissons fermentées pourrait représenter 20 millions d’euros de chiffres d’affaires en France en 2026.
Une concurrence britannique qui inquiète
Membre de la quatrième promotion du programme Scal’E-nov de la région Grand Est, l’entreprise a été sélectionnée pour participer au salon international de l’agroalimentaire (SIAL Paris) en octobre prochain. Un moyen de côtoyer plusieurs concurrents, notamment basés outre-Manche et de l’autre côté de l’Atlantique. "Le marché des boissons fermentées est prospère aux États-Unis où il est valorisé à un milliard de dollars. Au Royaume-Uni aussi, le marché est aussi déjà mature", analyse Aurélien Fabas.
De nouveaux bâtiments bientôt construits
"Une de mes craintes est l’arrivée prochaine des entreprises britanniques sur le marché français, c’est pour cela qu’il faut que l’on accélère encore notre développement", confie-t-il. Pour maintenir son statut et continuer à grandir, le Labo Dumoulin a lancé la construction de nouveaux bâtiments, dans la même zone d’activité, à Bischwiller. La première pierre doit être posée en début d’année 2025.