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Le label de commerce équitable français Agri-Éthique monte au créneau contre le Mercosur
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Le label de commerce équitable français Agri-Éthique monte au créneau contre le Mercosur

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Face à la crise agricole et l’accord de libre-échange qui s’annonce avec le Mercosur, Agri-Éthique alerte sur les dangers pour les agriculteurs français. Concurrence déloyale, normes inégales, risques sanitaires : le label de commerce équitable français basé en Vendée demande des clauses miroirs pour protéger la souveraineté alimentaire et soutenir une agriculture locale et durable.

Le label Agri-Éthique réunit plus de 4600 agriculteurs impliqués et 773 produits labellisés. Il représente aujourd'hui un chiffre d'affaires de 520 millions d'euros — Photo : Pixabay (Kai Pilger)

La colère venue des champs ne cesse de se propager. Alors que l’agriculture française traverse une période difficile marquée par des conditions climatiques défavorables, de faibles récoltes et des coûts d’intrants élevés, l’accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur sème l’inquiétude au sein du monde agricole. Pour le label Agri-Éthique, créé en 2013 par la coopérative vendéenne Cavac, il en va de la survie des producteurs locaux. Selon un récent communiqué, cet accord est "perçu comme une menace de plus".

Des normes inégales, une concurrence déloyale

Selon la société qui porte ce label, premier label de commerce équitable français, un accord avec le Mercosur autoriserait l’importation de produits agricoles d’Amérique du Sud, où "les normes sociales, sanitaires et environnementales sont bien moins strictes qu’en France". "Cet accord met en danger les agriculteurs français en favorisant une concurrence déloyale et des pratiques qui vont à l’encontre des engagements européens en matière de durabilité", alerte Ludovic Brindejonc, directeur général d’Agri-Éthique dont le siège est à La Roche-sur-Yon.

61 % du commerce équitable en France

Depuis sa création voilà 20 ans, Agri-Éthique s’est imposé comme un acteur majeur du commerce équitable français. Avec 4 620 agriculteurs impliqués et 773 produits labellisés, il représente aujourd’hui un chiffre d’affaires de 520 millions d’euros, et 61 % du commerce équitable sur le marché français. Son modèle repose sur des contrats pluriannuels de 3 ans garantissant un revenu équitable aux producteurs, tout en promouvant des pratiques respectueuses de l’environnement et en finançant la transition agroécologique.

Selon les représentants de ce label, les produits sud-américains, tels que le soja ou le bœuf, sont associés à des pratiques controversées, comme l’usage intensif de pesticides, d’antibiotiques, de facteurs de croissance ainsi qu’à de la déforestation massive. Ces importations ne feraient qu’aggraver les difficultés des producteurs français, déjà affaiblis par des aléas économiques et climatiques.

Une demande de loyauté et de clauses miroirs

Pour Agri-Éthique, entreprise à mission, la solution passe par l’instauration de "clauses miroirs dans les échanges commerciaux", afin d’assurer un respect des mêmes standards environnementaux, sanitaires et sociaux entre produits locaux et importés. "Après une année particulièrement éprouvante, ce que veulent nos agriculteurs, c’est de la loyauté. Avec le Mercosur, on n’en prend pas le chemin", déplore Ludovic Brindejonc.

Un enjeu pour la souveraineté alimentaire

Au-delà des risques économiques, l’accord menacerait également la souveraineté alimentaire de la France. Agri-Éthique plaide pour une meilleure information des consommateurs sur l’origine des produits, un aspect crucial pour garantir des choix éclairés et soutenir les filières locales, qui vont de la fourche à la fourchette, soit du producteur de blé au consommateur de pain. "Le commerce équitable français, incarné par notre label, joue un rôle clé pour préserver l’agriculture nationale et offrir aux consommateurs des produits éthiques et durables", rappelle le directeur.

Vendée # Agriculture # Agroalimentaire # Écosystème et Territoire # Conjoncture # RSE