Basée à Peyruis, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la coopérative DuranSia (130 salariés, 45 millions d’euros de CA), vient de voir sa marque "Fermiers de Provence" labellisée par le leader du commerce équitable français, Agri-Ethique. La coopérative regroupe 3 000 adhérents, principalement installés dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, et spécialisés dans les céréales ou les légumes secs
"Avec DuranSia, nous accompagnons les agriculteurs depuis la semence et la production jusqu’à la commercialisation. Ce label va permettre de valoriser la production de nos adhérents et de relier entre eux l’ensemble des acteurs de la chaîne de production", précise en préambule Cyril Camisuli, responsable qualité chez DuranSia. Au-delà d’un simple outil marketing valorisant le "Made in France", le label Agri-Ethique valide surtout le fait que le produit distribué respecte, d’une part la rémunération des agriculteurs et, d’autre part, un respect de l’environnement.
Une juste rémunération des agriculteurs
Même si DuranSia avait déjà mis en place une logique de rémunération correcte des agriculteurs, il aura tout de même fallu "un an de travail pour obtenir le label". "Nous étions déjà en adéquation avec les valeurs et le cahier des charges d’Agri-Ethique, mais nous avons dû mettre toute la démarche en forme, impliquer encore davantage les agriculteurs au travers de réunions régulières…", précise Cyril Camisuli.
DuranSia a ainsi désormais un contrat qui l’engage durant trois années sur une rémunération équitable avec un prévisionnel de production de 300 tonnes sur l’ensemble de la période. "Nous savons ce que nous allons vendre et l’agriculteur voit une partie de sa production sécurisée, il sait ce qu’il doit produire et en quelles quantités. Le coût de production dirige l’ensemble", détaille Cyril Camisuli.
Coût de l’opération pour la coopérative : 30 euros par tonne. En plus des frais de certification qui se sont élevés à un millier d’euros.
Séduire la restauration collective pour sécuriser la filière
Objectif de l’opération : investir de nouveaux marchés afin de développer la filière légumes secs en Provence et notamment séduire encore davantage la restauration collective, qui permettrait de sécuriser la filière. "La loi Egalim (NDLR : pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous) impose cette année aux collectivités locales de s’approvisionner en produits équitables. Fort de cette labellisation, nous cherchons aujourd’hui de nouveaux contrats en restauration collective afin de pouvoir disposer de davantage de volumes", poursuit le responsable qualité de la coopérative.
Ventes en circuits courts et pour l’industrie
En légumes secs, la coopérative compte une trentaine de producteurs, dont les produits sont ensuite revendus en circuits courts vers le grand-public , mais également vers quelques industriels de l’agroalimentaire. "Nous ensachons les légumes et nous les commercialisons dans nos magasins, dans des boutiques de proximité et auprès de la restauration collective", liste Cyril Camisuli. La coopérative dispose de onze magasins, sous enseigne DuranSia, dans les deux départements alpins. 20 % des produits de DuranSia sont par ailleurs labellisés agriculture biologique. Créé en 2013 par la coopérative vendéenne Cavac, par des agriculteurs et pour des agriculteurs, Agri-Éthique est le premier label de commerce équitable français.