L’exercice 2024-2025 ? Pour la Cavac, il restera comme l’un des plus éprouvants pour l’agriculture de l’Ouest. La coopérative vendéenne évoque "une année marquée par une météo exceptionnelle, des récoltes d’été aléatoires et un contexte agricole toujours soumis au prix mondial des céréales excessivement bas". Sous les nuages, par exemple, la récolte 2024 de blé accuse ainsi "une chute de 46 % par rapport à 2023", conséquence de "plus d’un an de pluies excessives". Une "année exceptionnellement exécrable", selon les termes du communiqué, dont les impacts financiers ont été multiples : surcoûts de séchage, dégradation des marges et problèmes de qualité, dans un contexte de prix du blé MATIF "proche de 190 euros par tonne", à comparer aux 300 euros la tonne de l’année 2022.
Des fondamentaux qui résistent
Malgré ces vents contraires, la coopérative vendéenne fondée en 1965, dit démontrer "la solidité de son modèle polyculture-élevage". Le chiffre d’affaires du groupe atteint 1,4 milliard d’euros, dont 1,02 milliard pour la seule coopérative, et 400 millions d'euros pour les filiales (agro-transformation comme la charcuterie ou la boulangerie, distribution verte avec les jardineries, matériaux biosourcés...). Le chiffre d'affaires est quasi identique à celui de l'année précédente, témoignant de la stabilité de l'activité du groupe malgré un contexte climatique et économique difficile. Le résultat net consolidé, stable aussi, est de 8,8 M€ et les fonds propres atteignent 179 M€. La performance est "portée par la dynamique des filiales du groupe dans le cadre de sa politique de diversification".
Les productions animales, qui représentent 55 % du chiffre d’affaires, apportent notamment "un peu d’oxygène aux éleveurs", avec "une bonne revalorisation progressive des prix pour de nombreuses productions animales", confortant les orientations prises par la coopérative pour accompagner les projets d’élevage. Parmi les projets à naître : 30 bâtiments en poules pondeuses, 20 en volailles de chair du quotidien, 15 en traditionnel/label, ce dernier correspondant à l'élevage en plein air, au Label Rouge ou au bio.
Le bio repart à la hausse
Après plusieurs années de repli, une autre bonne nouvelle : "la consommation du bio repart à la hausse". En circuits spécialisés, le bio progresse de "+ 5,5 % avec une tendance actuelle à + 6 %". Au global, "la part du bio dans le chiffre d’affaires du Groupe gagne un point par rapport à l’an dernier pour s’établir à 11,7 %".
70 M€ d’investissements pour Positiv’2030
Au-delà du bilan, Cavac, qui compte 1 730 salariés, se projette dans l’avenir avec sa feuille de route Positiv’2030, qui vise à "projeter [ses] métiers et à anticiper, avec lucidité, les besoins propres à chacun d’eux". D’ici à cinq ans, "les besoins sont déjà chiffrés pour accompagner cette dynamique".
Dans ce cadre, la coopérative qui rassemble les productions de 4 730 exploitations agricoles, prévoit une enveloppe de 70 millions d’euros, d’investissements, destinés à "poursuivre les investissements structurants pour développer des filières valorisantes pour les producteurs".
Renforcer les productions végétales et l’activité nutrition animale
Sur les cinq prochaines années, ces moyens seront concentrés sur plusieurs pôles stratégiques. Les productions végétales, qui comptent pour 33 % du chiffre d’affaires, concentreront une part significative de l’effort. Cet effort annonce le renforcement du pôle semences, des investissements logistiques au port des Sables-d’Olonne pour soutenir l’export, ainsi que la modernisation et l’extension des capacités de stockage sur plusieurs sites clés, notamment à Cerizay dans les Deux-Sèvres, ou encore à Chantonnay et La Roche-sur-Yon en Vendée.
En nutrition animale, la coopérative engagera la modernisation et l’augmentation des capacités de son usine d’aliments, afin d’accompagner la reprise progressive des productions animales et sécuriser les débouchés des éleveurs.
Des investissements aussi sur le pôle biomatériaux
Le pôle biomatériaux et filières intégrées bénéficiera également d’investissements structurants, avec l’extension de la ligne de défibrage, pour un montant de 12 millions d’euros, destinée à soutenir la montée en puissance de l’isolant biosourcé du groupe. Près de 2 000 nouveaux hectares de chanvre seront mis en culture.
Enfin, la distribution spécialisée fera l’objet de renforcements ciblés des capacités de stockage, afin d’accompagner l’élargissement du réseau de jardineries Gamm vert et soutenir la dynamique commerciale sur les territoires. Enfin, Cavac souhaite signer davantage de contrats labellisés Agri-Ethique France, apportant une juste rémunération aux producteurs (plus de 16 000 tonnes de blé supplémentaires ont été valorisées en filières Agri-Ethique en 2025).
Souveraineté, climat et nouvelles filières
Dans un contexte où "la souveraineté agricole et alimentaire redevient une priorité", Cavac entend "rester pionnier des filières" et "préserver la résilience du modèle agricole local fondé sur la polyculture et la diversité des productions proposées".
Le groupe s’est également fixé des objectifs en termes de développement durable. En 2025, Cavac s’est engagée par exemple dans "un projet de production de Biojet, biocarburant local issu d’oléagineux", en partenariat avec le groupe Dubreuil.