La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé avoir conclu les négociations de l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le marché sud-américain du Mercosur. Un bloc réunissant cinq pays dont le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l’Uruguay.
"Une victoire", selon Ursula von der Leyen
"Cet accord est une victoire pour l’Europe", a déclaré Ursula von der Leyen sur X (ex-Twitter). 30 000 petites entreprises européennes exportent déjà vers le Mercosur. Beaucoup d’autres suivront".
Marquant la fin de 25 années de discussions, l’annonce intervient malgré l’opposition de la France et de l’Élysée, qui qualifiait la veille encore l’accord "d’inacceptable en l’état", sur le même réseau.
La France, l’Italie et la Pologne opposées à l’accord
L’entrée en application ne sera toutefois pas automatique. L’accord commercial doit encore obtenir l’approbation de 15 des 27 pays membres de l’UE, représentant 65 % de la population, ainsi qu’une majorité simple au Parlement européen.
"Le combat n’est pas terminé. Ce qu’il se passe à Montevideo [NDLR : capitale de l’Uruguay où l’annonce a été faite] n’est pas une signature de l’accord, mais la conclusion politique de la négociation. Celle-ci n’engage pas les États […] La France se battra à chaque étape aux côtés des États membres qui partagent sa vision", a déclaré sur X, la ministre déléguée au commerce extérieur démissionnaire de la France, Sophie Primas.
Outre la France, l’Italie et la Pologne, elles aussi réfractaires, ont indiqué que le texte ne pouvait être accepté dans sa forme actuelle.
L’Allemagne et l’Espagne favorables
À l’inverse, un autre groupe d’États incluant l’Allemagne et l’Espagne juge l’accord "vital", rapporte l’agence Reuters sur son site internet, évoquant notamment la quasi-fermeture du marché Russe et des relations compliquées avec la Chine. Des pays européens favorables à l’accord, qui voient "le Mercosur comme un marché pour les voitures, machines et produits de l’industrie chimique de l’Union européenne, et une source potentiellement fiable de minerais essentiels", notamment pour les batteries lithium-metal dans le cadre de la transition écologique. Ils soulignent aussi "les bénéfices agricoles, sachant que l’accord offre un accès élargi et des droits de douane abaissés pour les fromages, jambons et vins européens", ajoute Reuters.
Forte opposition en France
En France, les critiques sont légion. Les représentants du label Agri-Éthique, premier label de commerce équitable français, réunissant plus de 4 600 agriculteurs impliqués, s’exprimait récemment sur ce sujet. Selon l’organisme, un accord avec le Mercosur autoriserait l’importation de produits agricoles d’Amérique du Sud, où "les normes sociales, sanitaires et environnementales sont bien moins strictes qu’en France". "Cet accord met en danger les agriculteurs français en favorisant une concurrence déloyale et des pratiques qui vont à l’encontre des engagements européens en matière de durabilité", alertait le mois dernier Ludovic Brindejonc, directeur général d’Agri-Éthique dont le siège est à La Roche-sur-Yon.
Au Parlement, les députés français se sont réunis le 26 novembre et ont voté à l'immense majorité un texte invitant le gouvernement Barnier à refuser la ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur.