Pour tenter de calmer la colère des agriculteurs, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a présenté le 9 janvier, une série de mesures pour la profession dont le montant atteint 300 millions d’euros. Ces actions visent à "protéger les filières, lever les blocages et sécuriser l’avenir de l’agriculture française", précise le ministère.
Elles sont annoncées alors que le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, qui cristallise la colère des agriculteurs, a reçu le feu vert d’une majorité d’États européens.
Des actions à l’échelle européenne
Des mesures à l’échelle européenne sont prévues selon le plan d’action présenté par Annie Genevard. Il est promis qu’il ne "manquera pas un centime au budget de la future Politique agricole commune par rapport à la précédente programmation, assurant ainsi le maintien du niveau des aides sur la période 2028-2034", soit plus de 9 milliards d’euros.
Comme assuré précédemment par le président de la République, la France a obtenu de la Commission européenne qu’elle prévoie la suspension de l’application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) aux engrais. Objectif pour le ministère de l’agriculture : éviter toute hausse des coûts pour les exploitants agricoles.
Des mesures spécifiques pour la viticulture
Face à la surproduction dans les vignes, le ministère de l’Agriculture prévoit un accompagnement des viticulteurs pour l’arrachage de leurs vignes, comme annoncé en novembre dernier au salon "Sitevi", réunissant la filière. 130 millions d’euros, correspondant à une prime de 4 000 euros par hectare arraché, sont prévus mais suspendus à l’adoption du budget 2026.
Dans le bassin viticole Bordeaux-Aquitaine, plus de 14 600 hectares ont déjà été arrachés, pour une subvention de 73,4 millions d’euros. Dans les Pyrénées-Orientales, la surface qui doit être arrachée correspond à 14 % du vignoble, soit 2 600 hectares. Au total, la profession a demandé à arracher 35 000 hectares de vignes.
Un soutien pour les grandes cultures
Une aide d’urgence de 40 millions est annoncée pour les grandes cultures, toujours sous réserve de l’adoption du budget 2026. Ces cultures correspondent aux céréales, aux oléagineux, protéagineux et aux autres cultures mécanisées à grande échelle comme la betterave à sucre ou la pomme de terre.
Le plan d’aide va cibler les exploitations "les plus fragilisées", assure le ministère de l’Agriculture. Il doit être complété par l’activation de la réserve de crise européenne, demandée par la France.
Des annonces fiscales et administratives
Parmi les autres mesures annoncées, le ministère prévoit des actions sur les charges et l’administration. Une mission d’inspection sera lancée pour examiner les raisons de la hausse des charges filière par filière. Des rendez-vous de la simplification seront aussi organisés pour préciser les mesures déjà prises sur ce sujet.
Mais l’annonce de ce plan n’a pas suffi à calmer la colère des agriculteurs qui se sont à nouveau mobilisés le 12 janvier partout en France. D’autres manifestations sont d’ores et déjà prévues dans les jours à venir.