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Le groupe Suez continue à investir en Moselle pour valoriser les biodéchets
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Le groupe Suez continue à investir en Moselle pour valoriser les biodéchets

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Pour un investissement de 5,7 millions d’euros, le groupe Suez vient de mettre en service une nouvelle unité de préparation des biodéchets sur son site de Fameck, en Moselle.

Pièce maîtresse dans le traitement des biodéchets, le déconditionneur permet de séparer la matière organique des emballages — Photo : Jean-François Michel

Début juin, de passage à Strasbourg pour inaugurer une unité de préparation des biodéchets à 3 millions d’euros, Gérard Teboul, le directeur général de l’activité organique de Suez, indiquait alors : "La réglementation accélère fortement les besoins de traitement. Nous continuons à structurer la filière pour accompagner cette montée en puissance". Quelques semaines plus tard, à Fameck en Moselle, à quelques kilomètres au Nord de Metz, les propos du dirigeant se matérialisent avec une nouvelle inauguration : celle d’une nouvelle unité de préparation des biodéchets, exploitée par le groupe Suez. Un outil industriel à 5,7 millions d’euros, dimensionné pour traiter un total de 27 000 tonnes de biodéchets, pour lequel l’Ademe, à travers le programme Climaxion, a mobilisé 800 000 € de subventions.

Un bassin de 400 000 habitants et des milliers d’entreprises

Le géant de la gestion des déchets, qui pèse 9,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 40 000 salariés, positionne ses outils dans des emplacements stratégiques à l’échelle du Grand Est. À Fameck, Suez a ciblé un bassin industriel comptant un potentiel de plus "2 200 entreprises dans un rayon de 50 kilomètres", indique Franck Maillet, directeur d’agence Services aux entreprises Lorraine. Entre la grande distribution, la restauration rapide et l’agroalimentaire, les entreprises devront amener entre 50 et 60 % des 27 000 tonnes de biodéchets attendues pour "assurer la réussite du projet", pointe Franck Maillet. Pour capter ce gisement diffus, le groupe mise sur la logistique pour se différencier. Suez veut notamment accompagner ses clients pour faciliter le geste de tri, et a investi dans des camions capables de laver les bacs lors de la collecte, pour les restituer parfaitement propres. "Maintenant, c’est à nous de convaincre nos clients", fixe Franck Maillet, en indiquant que le portefeuille clients de son agence est déjà riche de 255 entreprises qui feront traiter leurs biodéchets à Fameck.

Guillaume Huck, responsable Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Île-de-France de l’activité organique chez Suez, compare le fonctionnement d’un méthaniseur à celui d’un estomac humain — Photo : Jean-François Michel

Un potentiel énorme chez les particuliers

De son côté, Yves Schwinn, le directeur d’agence services aux collectivités Lorraine de Suez, pense pouvoir contribuer à hauteur d’un gros tiers des 27 000 tonnes attendues. "Ici, les collectivités sont déjà bien éduquées sur la question des biodéchets. Contrairement à d’autres territoires, l’acceptabilité est assez forte", se félicite Yves Schwinn. Autour de Fameck, l’unité de prétraitement des biodéchets compte sur un bassin de 400 000 habitants, regroupant des structures comme le Sydelon, le Syndicat mixte de transport et de traitement des déchets ménagers et assimilés de Lorraine Nord, ou Metz Métropole, soit un total de quatre collectivités. D’après les données rassemblées par l’Ademe, le potentiel est énorme : "Nous pourrions tabler sur 40 kg de biodéchets par habitant et par an. Cependant, aujourd’hui, en collectant 10 voire 14 kg par an et par habitant, c’est un bon résultat", note Yves Schwinn. Soit tout de même 4 millions de tonnes de biodéchets…

Compresser la matière organique plutôt que la broyer

Avant d’être valorisés en biométhane, les 27 000 tonnes de biodéchets collectés par Suez sont transformées en un "substrat", qui pourra être digéré par le méthaniseur. Un "substrat" ou une soupe de biodéchets, comportant des quantités infimes de plastique, "car un méthaniseur, c’est comme un estomac", illustre Guillaume Huck, responsable Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Île-de-France de l’activité organique chez Suez. "Il vaut mieux faire entrer un flux propre pour créer de la valeur." Concrètement, à Fameck, Suez a investi dans un outil développé par la société des Bouches-du-Rhône Vox Environnement, un déconditionneur, identique à celui déployé à Strasbourg. "Ce déconditionneur est capable de séparer la matière organique des emballages, grâce à des pales qui compressent les biodéchets plutôt que de les broyer", détaille Guillaume Huck. Derrière, une unité d’hygiénisation porte le substrat à 70 °C pendant une heure. "Cette étape permet d’éliminer les agents pathogènes tout en répondant aux exigences sanitaires de la filière", précise Guillaume Huck.

Pour faciliter le tri des biodéchets, Suez a choisi d’investir dans des camions capables de laver les bacs de tri lors de la collecte — Photo : Jean-François Michel

Jusqu’à 28 GWh de biométhane

Une fois préparé, ce substrat pourra être livré à des méthaniseurs locaux, afin d’en faire du biométhane. Avec 27 000 tonnes de biodéchets, les équipes de Suez estiment qu’il sera possible de produire jusqu’à 28 GWh de biométhane, soit la consommation annuelle de 6 350 foyers. "Nous ne voulons absolument pas que la boucle soit entièrement Suez", assure Yves Schwinn. Concrètement, le dirigeant assure que le substrat produit à Fameck pourra être digéré dans un méthaniseur exploité par un autre groupe ou une collectivité, moyennant paiement. "La bonne logique, c’est que ce qui sort d’ici aille au plus proche. Et ce n’est pas qu’une parole, ce sera une réalité économique liée au transport", insiste Yves Schwinn. Actuellement, une partie des volumes traités approvisionne le méthaniseur exploité par Suez à Faulquemont, distant d’une cinquantaine de kilomètres, pour produire de l’électricité. "Ce site sera modernisé d’ici deux ans pour passer à l’injection de biométhane", révèle Pierre Coursan, le directeur commercial de l’activité organique de Suez. Un investissement de "plusieurs millions d’euros", dont le calendrier n’est pas encore arrêté.

Un nouveau méthaniseur à Metzervisse

Plus proche de Fameck, Metzervisse. C’est cette commune que le groupe Suez et la coopérative agricole meusienne EMC2 (CA : 650 M€ ; 920 salariés) ont retenu pour y implanter un nouveau méthaniseur, qui devra être alimenté à hauteur de 40 % en substrat issus des biodéchets par l’unité de Fameck. Le reste étant de la matière agricole. "C’est un investissement très lourd, et l’objectif est d’être opérationnel en début d’année prochaine", fixe Pierre Coursan. Le modèle économique déployé par le groupe Suez repose sur un double flux de revenus : le service de collecte facturé aux clients, collectivités et entreprises, puis la valorisation énergétique du substrat en biométhane injecté dans le réseau de gaz.

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