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La Laiterie de Saint-Malo renforce son ancrage local et investit dans une ligne de production dédiée au skyr
Saint-Malo # Agroalimentaire # Stratégie

La Laiterie de Saint-Malo renforce son ancrage local et investit dans une ligne de production dédiée au skyr

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La Laiterie de Saint-Malo, fondée en 1948, sécurise son avenir local grâce à l’acquisition d’un hectare de terrain voisin pour accompagner sa croissance logistique et industrielle. Le mix produit est aussi à l’œuvre. Son propriétaire, le finistérien Sill Entreprises, annonce un investissement de 4 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production dédiée au skyr.

Sébastien Floc’h, président du directoire de Sill Entreprises. Le propriétaire de Malo investit dans une nouvelle ligne de production dédiée au skyr — Photo : Baptiste Coupin

La Laiterie de Saint-Malo (260 salariés, 170 M€ de CA en 2025), autrement appelée Malo, propriété du finistérien Sill Entreprises (1 700 salariés, 650 M€ de CA), est assurée de garder son ancrage malouin "pour au moins 30 ans". L’entreprise agroalimentaire, qui fabrique les yaourts Malo mais aussi des fromages frais, des crèmes (les emprésurés) et de la poudre de lait, va en effet pouvoir s’étendre sur une surface de 1 hectare supplémentaire, à proximité de son usine de 25 000 m² située dans la zone industrielle sud de la ville. Malo a reçu le feu vert de la mairie de Saint-Malo sur ce projet. "Sans cet espace, la question du maintien de l’activité à Saint-Malo se serait posée. Aujourd’hui, l’avenir industriel du site est sécurisé", se réjouit Sébastien Floc’h, président du directoire de Sill Entreprises. Malo s’étend sur 7 hectares à ce jour.

Un hectare supplémentaire pour la logistique

Le terrain que la laiterie malouine pourra exploiter est celui d’une ancienne casse de voitures de Romi Recyclage. Elle était convoitée par le groupe de Plouvien depuis près de trois ans. Ce nouvel espace servira principalement au développement logistique : stockage frigorifique et réorganisation des flux, afin de libérer des surfaces pour la production. La pose de la première pierre est envisagée autour de 2030, après dépollution du site.

Cap sur les protéines et la valeur ajoutée

Dans un contexte de tension sur les marchés mondiaux de la poudre de lait, avec des prix en baisse, Malo fait par ailleurs évoluer son mix produit pour aller vers des produits "à forte valeur ajoutée". La PME annonce ainsi le lancement, au second semestre, d’un skyr Malo, ce produit laitier originaire d’Islande riche en protéines et très tendance. Une nouvelle ligne de production, dédiée à 100 % à cette gamme, est en cours d’installation à Saint-Malo.

La Laiterie de Saint-Malo. La PME, fondée en 1948, fabrique entre autres le yaourt Malo et son fameux pot tronconique — Photo : Baptiste Coupin

L’investissement s’élève à 4 millions d’euros et devrait générer une dizaine d’emplois supplémentaires. "L’enjeu est de limiter notre dépendance aux produits laitiers standardisés et de mieux valoriser le lait écrémé", expose Sébastien Floc’h. L’objectif est d’atteindre 4 000 tonnes de production annuelle à l’horizon 2030.

Une recette sans lactose primée

Pour mieux répondre aux attentes des consommateurs sur des produits plus diététiques, Malo élabore aussi des recettes "plus simples", comprenant moins de sucres ou d’additifs. Le lancement d’un yaourt sans lactose aux probiotiques (nature, saveur vanille ou citron) entre dans cette catégorie. L’objectif est d’améliorer la digestibilité de personnes intolérantes au lactose, sans renoncer au goût. Sa recette à la vanille, qui s’inscrit sur un marché de niche, a été plébiscitée par le réseau Produit en Bretagne comme Prix de la Meilleure Nouveauté dans son dernier palmarès.

Un sourcing de lait breton renforcé

Le nouveau yaourt de Malo est élaboré à partir de lait entier breton, collecté et transformé localement. Le modèle de Sill Entreprises repose sur un lien étroit avec plus de 600 producteurs de proximité pour élaborer les recettes de son pôle laitier (60 % du CA global) qui compte, en plus de Malo, le beurre Le Gall ou le fromage Petit Basque. Sébastien Floc’h clame que la souveraineté alimentaire ne pourra être assurée que par "une relation étroite entre l’amont agricole, l’industrie agroalimentaire et la distribution".

Une crème chocolatée fabriquée par Malo. C’est un produit de conquête pour les USA, notamment — Photo : Baptiste Coupin

Parmi ses autres nouveautés, Malo commercialise depuis mars 2025, une brique de lait Malo demi-écrémé, dont l’objectif est de garantir une rémunération juste des éleveurs.

En 2025, Sill Entreprises a collecté 300 millions de litres de lait auprès d’exploitations bretonnes, dont une centaine pour Malo. L’ETI finistérienne a notamment récupéré des producteurs bio qui collaboraient jusqu’alors avec Lactalis, avant une remise en cause des contrats l’année dernière par le groupe lavallois.

Des usines, demain, en Chine ou aux USA ?

Malo est une entreprise "inscrite dans la durabilité, qui fait de la croissance et a des ambitions", résume Sébastien Floc’h. Forte de plus de 75 ans de savoir-faire, la laiterie malouine entend poursuivre son développement, y compris à l’international. Aujourd’hui, plus de 60 % de l’activité est réalisée à l’export, via la poudre de lait destinée aux industriels du chocolat (noms tenus confidentiels). Ce coproduit alimente de grands marchés comme l’Asie, le Moyen-Orient ou l’Afrique.

Malo souhaite également gagner des parts de marché sur des produits congelables, tels que les crèmes desserts chocolatées ou le riz au lait. "Disposer, demain, d’empreintes industrielles dans des pays de conquête comme la Chine ou les États-Unis fait partie de nos réflexions", prévient le dirigeant.

Saint-Malo # Agroalimentaire # Stratégie # Investissement industriel # Créations d'emplois # International # PME # ETI