Cristaux de sel, demi-sel, bio, extra-fin, doux… À Bellevigny, en Vendée, il y a du beurre pour tous les goûts. C’est là que la coopérative normande possède une laiterie, qui constitue le cœur du réacteur de la production de beurre de la coopérative normande Agrial (7,1 Md€ en 2024, 17 500 collaborateurs dont 13 000 en France). Avec 150 salariés, le site vendéen reçoit 230 millions de litres de lait, et produit 22 000 tonnes de beurre et 9 000 tonnes de crème fraîche. Mais l’usine, présente sur le territoire depuis 1965, nécessitait une modernisation. Pour ce faire, elle vient de bénéficier de 40 millions d’euros d’investissement sur les quatre dernières années. Cette somme est à comparer avec les investissements globaux de la maison mère à Caen, qui injecte en moyenne 200 millions d’euros par an sur la centaine de sites qu’elle possède (dont 70 millions d’euros par an pour la filière lait).
Du beurre de tourage et des papillotes
Le site récolte seulement sur le lait de vache, conventionnel et bio, et produit quelques marques connues du grand public, notamment Grand Fermage, avec son beurre aux cristaux de sel. D’autres marques comme La Viette, ou la Conviette, sortent également des lignes de production de Bellevigny. D’ailleurs grâce aux travaux, quatre lignes de production ont été ajoutées. L’usine compte dorénavant deux lignes pour la partie crémerie, entièrement dédiée aux professionnels, et onze lignes pour la beurrerie. "Deux nouvelles lignes permettent de produire 9 700 tonnes de beurre de tourage par an. Nous n’en fabriquions pas auparavant. Il s’agit d’un beurre plus plastique et malléable, idéal pour les professionnels car il évite les cassures. Nous le vendons par exemple à des fabricants de pâte feuilletée ou de croissants", explique Jean-Marie Léauté, directeur de la laiterie de Bellevigny. Les deux autres nouvelles lignes sont consacrées aux papillotes, soit des formats de 15 grammes plutôt à destination des restaurateurs.
Des investissements pour améliorer les conditions de travail
D’autres investissements ont permis de renforcer la sécurité, avec un système d’eau sous pression au plafond en cas d’incendie. D’autres encore ont permis d’améliorer les conditions de travail, avec par exemple une automatisation du ramassage des seaux de crème de 5 à 10 litres et de nouvelles encaisseuses qui permettent d’automatiser le conditionnement des produits. Le système de réfrigération a également été modernisé avec une consommation énergétique moindre. "Avant, les équipements dataient et ne répondaient plus aux conditions d’une usine moderne", constate Benoit Drouin, président de la branche lait d’Agrial. Mais ces travaux n’ont pas vocation à augmenter les capacités de l’usine, alors que le contexte agricole actuel a plutôt tendance à voir diminuer les ressources en lait. "Nous travaillons avec 270 agriculteurs adhérents du sud des Pays de la Loire et du nord de la Nouvelle-Aquitaine, précise Benoit Drouin. Le challenge des années à venir sera de parvenir à maintenir la collecte à un niveau stable".