Faire repartir de l’avant une marque emblématique. C’est tout l’objectif de l’unique usine de la Biscuiterie Nantaise (BN), basée à Vertou depuis 1963. Directeur de l’usine, Julien Le Guilly est arrivé depuis moins de deux ans, tout comme Magali Genetay, l’actuelle directrice générale de Pladis France, groupe auquel appartient BN. Ensemble, ils tentent de donner une nouvelle impulsion à la marque depuis deux ans.
"Cette nouvelle ligne, opérationnelle en octobre, sera entièrement dédiée à la production de mini-BN"
La stratégie principale repose sur la croissance du marché des mini-BN, et le pari semble en passe d’être gagné : l’enseigne a enregistré une augmentation de 1 300 tonnes par an sur ce segment depuis 2023, sur une production qui tournait auparavant aux alentours des 4 500 tonnes. "Nous avons augmenté nos forces de vente, et finalisé un plan de plus de 5 millions d’euros sur deux ans pour moderniser une ligne vieillissante afin de doubler ses capacités de production. Cette ligne sera entièrement dédiée à la production de mini-BN. Elle sera opérationnelle en octobre prochain", affirme Julien Le Guilly.
Tourner la page d’années compliquées
Dans les années 2010, l’usine BN employait plus de 430 personnes, contre 300 aujourd’hui, pour une production annuelle de 23 000 tonnes de biscuits, contre environ 18 000 aujourd’hui (CA 90 M€ de CA en 2024). En 2014, la Biscuiterie Nantaise, passe sous pavillon turc, et plus précisément dans les mains du conglomérat Yildiz Holding, spécialisé dans l’agroalimentaire. Ce dernier regroupera ensuite ses entreprises de biscuits et de confiserie au sein d’une nouvelle filiale, nommée Pladis. "Ils possèdent des usines qui produisent plus de 130 000 tonnes de biscuits par an. Nous restons des petits. Les intentions du groupe n'étaient certainement pas encore connues à l'époque, et cela entraînait une inquiétude", analyse Julien Le Guilly. D’autant plus que le géant se sépare dans le même temps d’une autre marque, Delacre, vendue à Ferrero. Autre source d’inquiétude en 2019, le géant de la distribution Carrefour décide de retirer les Choco-BN de ses rayons, entraînant un plan social l’année suivante.
Depuis deux ans, le vent semble avoir tourné, et BN retrouve le sourire. "L’année dernière, il y a eu une guerre des prix entre un de nos concurrents, Mondelez, et les enseignes de grande distribution. Cela nous a offert de nouvelles parts de marché, et de l’oxygène", poursuit Julien Le Guilly. Surtout, le géant turc a montré son intérêt pour la petite usine vertavienne : Murat Ülker, le président de Yildiz Holding, est passé durant ce mois de juin pour une petite visite. "Cela redonne aussi confiance aux salariés, et une meilleure ambiance règne", appuie Julien Le Guilly.
D’autres investissements à venir
Preuve de cette nouvelle dynamique, la biscuiterie a déjà embauché 20 personnes depuis le début 2025. Outre les lignes industrielles, la biscuiterie ambitionne d’autres investissements, notamment pour mettre en place de futurs emballages, ou encore pour renforcer la sécurité et le fonctionnement de l’usine. Un engagement qui rassure pour les années à venir. "Nous innovons également sur les recettes, en fonction par exemple des paramètres de Yuka. Les clients font aujourd’hui attention à ce qu’ils donnent à leurs enfants", ajoute Julien Le Guilly. Et sur le plus long terme, la biscuiterie réfléchit au potentiel de l’export, notamment dans d’autres pays européens. "Nous pourrons profiter de la force et du réseau d’un groupe mondial pour supporter cette expansion", appuie Julien Le Guilly. De quoi redonner le sourire, un signe de confiance lui aussi international.