L’annonce du groupe lavallois Lactalis de réduire sa collecte de lait en France provoque de vives réactions. Premier groupe français de l’agroalimentaire, le groupe mayennais (85 500 salariés, 29,5 Md€ de CA) vient d’annoncer qu’il allait moins acheter de lait en France. Il compte réduire sa collecte de 9 % d’ici à 2030. Cela correspond à 450 millions de litres de lait de moins, le groupe dirigé par Emmanuel Besnier en collectant 5,1 milliards en France et 22,6 milliards dans le monde. Lactalis compte ainsi affiner son sourcing pour se débarrasser de ses "excédents de lait" destinés aux marchés internationaux.
"J’attends de nos leaders industriels le même engagement et la même ambition pour la production alimentaire française"
La nouvelle ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire Annie Genevard est très rapidement montée au créneau : "Il est nécessaire que tous, de l’amont à l’aval, unissent leurs efforts et leur volonté pour défendre notre capital productif alimentaire, dans la filière laitière comme dans les autres. Ce sera ma priorité. J’attends de nos leaders industriels le même engagement et la même ambition pour la production alimentaire française", déclare Annie Genevard. Annie Genevard veut défendre une filière laitière qui, "au-delà de la richesse qu’elle produit, est essentielle à l’équilibre de très nombreux territoires, en plaine et en montagne".
Quels débouchés dans un an pour les éleveurs ?
La ministre s’est exprimée après une première réunion avec les responsables de la fédération des producteurs de lait FNPL, branche spécialisée du syndicat FNSEA. La ministre s’est engagée à œuvrer pour maintenir une activité laitière dans les élevages concernés.
Selon la FNPL, 272 exploitations laitières sont concernées, dans le sud des Pays de la Loire et dans l’Est de la France. Ces élevages pourraient avoir à trouver où livrer leur lait dès fin 2025, selon le préavis d’un an obligatoire avant rupture de la part du collecteur. Dans un deuxième temps, ce sont les éleveurs adhérents à la coopérative de l’Est Unicoolait qui pourraient devoir chercher de nouveaux débouchés.
Quid des emplois industriels ?
En Pays de la Loire, la présidente de Région Christelle Morançais s’est également émue de cette "décision extrêmement préoccupante pour les producteurs et les acteurs de la filière laitière de la région". Christelle Morançais a réagi jeudi 26 septembre après s’être entretenue avec le dirigeant de Lactalis, Emmanuel Besnier. "Le PDG s’est engagé à ce que chaque producteur impacté bénéficie d’un accompagnement personnalisé. Dans l’immédiat, la priorité est d’identifier, avec les producteurs et les organisations concernées, de nouveaux débouchés et de travailler à une meilleure valorisation de la production. Nous serons, par ailleurs, particulièrement vigilants au maintien des emplois industriels", a prévenu la présidente de Région.